Intégrer l’Institut national du sport et de l’éducation physique (INSEP) est en soi un gage de talent pour un sportif, mais rejoindre la prestigieuse institution vincennoise de façon anticipée est le signe d’un potentiel exceptionnel.

1,86 m à 13 ans et demi, Diandra a dû souvent être la plus grande de sa classe et on comprend mieux pourquoi à 8 ans elle s’est dirigée naturellement vers le basket-ball. «A force de voir jouer mon cousin ça m’a donné envie d’essayer». Des premiers pas avec la balle orange un peu délicats pour la native de Villepinte. Son dernier entraîneur au BCC, Christophe Corbisé se souvient. «Elle a rencontré des problèmes de coordination et de dextérité au début. Elle était incapable de faire un double pas ou de shooter !» Et puis Diandra a compris le jeu et de par sa taille s’est fait rapidement remarquée. «Dès ma deuxième année en poussine j’ai joué avec les benjamines» se rappelle-t-elle. Et si elle a participé à l’aventure exceptionnelle de l’équipe minime fille en championnat de France, c’est en tant que benjamine ! Une progression fulgurante qui a amené la demoiselle à rejoindre le pôle espoir d’Ermont-Eaubonne à l’âge de 12 ans. Interne, elle se consacre aujourd’hui 14 heures par semaines à son sport, quand elle se contentait de trois heures hebdomadaires à La Courneuve. Un club formateur qu’elle a même dû quitter depuis septembre. «Je suis partie à Paris car je devais jouer dans une équipe évoluant en championnat de France. Bien sûr j’étais un peu déçue de devoir laisser tout le monde mais je devais le faire.» Et au club on a compris qu’il était l’heure de laisser à d’autres le loisir de polir ce diamant. «On est déjà très fier d’avoir pu former une telle joueuse. On ne pouvait pas la garder. Cela n’avait aucun sens pour elle de rester. Il faut savoir laisser partir ses meilleurs éléments au bon moment c’est le lot de club comme le nôtre», confirme le coach. Comme Clarisse M’Paka (professionnelle à Strasbourg), une de ses modèles, qui l’a précédée au club, Diandra a donc quitté le nid pour poursuivre sa route vers les sommets. Une trajectoire fulgurante qui la mènera dès septembre prochain à l’INSEP. «Quand j’ai reçu la lettre de la Fédération début mai je ne m’y attendais pas vraiment car ils me prennent avec un an d’avance, mais j’étais évidemment très heureuse car tous les meilleurs français ou presque sont passés par l’INSEP.» Détectée en tant que potentiel national, Diandra apparaît aux yeux de nombreux observateurs comme une joueuse hors du commun. Au point que le sélectionneur de l’équipe de France cadette pourrait l’intégrer à son groupe pour les prochains championnats d’Europe en Pologne au côté des filles de la génération 89! Un maillot bleu que Diandra a déjà revêtu à l’occasion d’un stage en février et qu’elle rêve de retrouver. «Je préfère réfléchir à court terme et participer à cette compétition avec la sélection nationale fin juillet est un de mes objectifs.» Pour ce qui est de la suite, la Courneuvienne aux racines camerounaises, la rêve en joueuse professionnelle, même si elle ne préfère pas trop y penser. Et pourtant, d’ici trois ans seulement, son cursus à l’INSEP terminé et son bac en poche, il sera peut-être déjà l’heure de faire le grand saut pour ce météorite du jeu.

Yann Lalande