Conseil municipal > Les problèmes de la population sont-ils pris en compte?

Les politiques gouvernementales de la Ville ne sont elles qu’un cachemisère? La question a été débattue lors du dernier conseil municipal à l’occasion d’un bilan du classement de la ville en « zone urbaine sensible » présenté par François Nivet, adjoint au maire chargé du Grand projet de ville.


Le conseil municipal du 26 janvier dernier a permis aux élus de débattre autour du bilan des actions menées sur le territoire de la Zone Urbaine Sensible. Si leur légitimité n’est pas remise en cause, une question de fond était au coeur des débats : cela répond-il aux problèmes de la population ?
Les Zones Urbaines Sensibles (ZUS) ont été définies par l’Etat en fonction des difficultés des populations qui y résident. Les ZUS sont les bénéficiaires prioritaires des dispositifs « Politique de la ville ». Depuis 5 ans, une partie de notre territoire a été classé ZUS. Après des années de luttes, cela se traduit concrètement pour notre ville par l’obtention de financements qui permettent de mener à bien des actions, en concertation avec les habitants, tant en matière d’éducation, de lien social que d’urbanisme par exemple. Démolition de barres devenues vétustes avec projets de constructions de logements à la clé, ouverture à La Tour d’un centre commercial digne de ce nom, réalisation de programmes de formation, soutien aux associations, programme de rénovation urbaine approuvé par l’Etat (Lire), développement de la politique de santé publique... sont autant d’actions ambitieuses portées par notre commune, en lien avec les dispositifs de Politique de la ville. Pourtant, lors du conseil municipal, plusieurs élus se sont interrogés. Ainsi, François Nivet (PCF) chargé de du Grand Projet de Ville, ne pouvait s’empêcher de constater : « la vie des habitants n’a pas fondamentalement changé en 5 ans », déplorant que les efforts de la ville, en matière de santé ou d’éducation, par exemple, « se heurtent souvent aux orientations gouvernementales et patronales ». Pour Stéphane Troussel (PS), le problème ne vient pas des dispositifs de la Politique de la ville mais du fait que: « l’Etat qui ne veut plus jouer son rôle de garant de la cohésion sociale ». « Nous portons des projets ambitieux pour La Courneuve, et la Politique de la ville a permis des avancées objectives , soulignait Gilles Poux, le maire. La signature prochaine de l’ANRU (Lire) symbolise d’ailleurs la reconnaissance de la légitimité et du bien-fondé de nos projets. Mais force est de constater qu’aujourd’hui, nous sommes encore bien loin du compte. Les familles continuent de souffrir du chômage et de la précarité et nous avons aujourd’hui besoin d’une politique nationale forte emprunte de justice sociale. »

Laurent Mimouni