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Diane Guiéké,
la danse comme une éthique
Diane ? Danseuse reconnue par les plus grands, militante associative, journaliste, animatrice pour jeunes inadaptés, Courneuvienne active… Voyez plutôt.
À bientôt trente ans, Diane Guiéké pourrait symboliser à elle seule les énergies et les talents dont débordent les quartiers populaires. Elancée, le cheveu court, avec cette pointe de timidité qu’elle a appris à dompter, la jeune sociétaire du quartier des Quatre-Routes, qu’elle habite depuis vingt ans, évoque un parcours à laisser songeurs tous ceux qui rêvent d’une vie d’artiste. La danse ? La passion l’a saisie sans vraiment s’annoncer. « Je n’ai voulu être danseuse que très tardivement, assure-t-elle, encore étonnée. A quinze ans, il s’agissait surtout d’accepter un corps qui se transforme. Et puis, les parents vous répètent que ce n’est pas un métier… Il a « suffi » que je les invite à l’un de mes spectacles, à l’Opéra Bastille, pour qu’ils soient convaincus ! » Entre-temps, il y aura eu ces études de commerce international, sa participation au Conseil Local de la Jeunesse, à diverses actions humanitaires… et puis la danse, toujours, dans les maisons de quartier ou au centre Guy-Môquet. Jusqu’à une audition pour le fameux festival de hip-hop contemporain Suresnes-Cités-Danse. Nous sommes en 2002. Il faut deux danseuses, et Diane est retenue. Avec la compagnie Pernette, Les spectacles et les tournées succèdent aux plus belles scènes de France, de Bastille à Chaillot, et même hors des frontières. La scène, elle l’a pourtant, désormais, mise entre parenthèses. Reconnue par le milieu du hip-hop, mais peu tentée par le monde du show-biz ou de la télévision – « j’ai des ambitions humaines, pas financières », prévient-elle, Diane a voulu s’inventer un parcours professionnel propre à son éthique comme à son équilibre. « J’ai envie de communiquer avec celles et ceux qui ne peuvent pas le faire, précise-t-elle doucement. Je veux rendre les spectacles compréhensibles aux sourds-muets, aux jeunes autistes, aux déficients mentaux légers pour les amener à la danse. » La voilà donc qui sillonne l’Ile-de-France pour animer des ateliers, afin de s’orienter, très bientôt, vers l’art - thérapie. Et à ses heures, Diane trouve encore le temps d’animer des sessions de danse à l’espace Guy-Môquet (les samedis et mercredis) ou de collaborer au magazine Lady Caprice, spécialisé dans les cultures urbaines et diffusé sur toute la France. On vous l’avait dit : talent et énergie…
Cyril Pocréaux
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