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Regards, le magazine de la ville .. .

n°263 - du vendredi 9 au mercredi 21 mai 2008

 C'est la vie




 


La Courneuve façon Cinecittà



Le 61e festival de Cannes débute le 14 mai prochain (clôture le 25 mai). Très différente de Cannes et sa fameuse montée des marches, La Courneuve est aussi à sa façon une ville de cinéma. Si sur la Croisette on montre les films, à La Courneuve on les tourne.



Quels sont les points communs entre Nicolas Klotz, Jean-Luc Godard, Anne le Ny, Alain Corneau, Patrick Timsit et Jean-Paul Rouve? Ils sont tous réalisateurs et ont tourné au moins une fois à La Courneuve.
En août 1966, Jean-Luc Godard, figure de proue de " la nouvelle vague ", est le premier à mettre en scène La Courneuve et en particulier les " 4 000 logements " fraîchement sortis de terre, trois ans plus tôt. À l'époque Godard tourne trois à quatre films par an et s'évertue à décrire les nouveaux modes de vie en attachant une attention particulière aux objets et aux espaces qui y sont liés. Les grands ensembles que la France découvre alors sont emblématiques de ces changements et le cinéaste Suisse ne peut en faire abstraction. Avec, Deux trois choses que je sais d'elle (photo 1) (Avec Marina Vlady et Annie Duperey), Jean-Luc Godard fait des mutations de l'espace urbain et donc de La Courneuve l'objet de son film. À ce titre dans l'histoire des tournages courneuviens la démarche de Godard est restée singulière. Par la suite, c'est Alain Corneau qui vient tourner rue Lucienne aux Six-Routes, pour son film, Le choix des armes (Avec Montant, Depardieu et Deneuve) en 1980. Le réalisateur, " césarisé " en 1992 pour Tous les matins du monde, revient à La Courneuve, de nouveau pour un film policier. À l'automne, 2006, il tourne certaines scènes du Deuxième souffle (photo 2) à Babcock (voir interview). Quelques mois auparavant c'est le metteur en scène Nicolas Klotz et l'acteur Mathieu Amalric que les hangars de Babcock avaient abrité pour le tournage de la scène de " rave party " de La Question humaine (photo 3). Toujours en 2006, c'est Vincent Lindon que l'on croise dans les allées du cimetière intercommunal devant la caméra d'Anne le Ny pour Ceux qui restent (photo 4). Autre décor, autre ambiance, en 2003 Patrick Timsit et son équipe s'installent au stade Géo-André pour quelques prises de sa comédie L'Américain (photo 5) (avec Thierry Lhermitte et Laurent Deutsch). Le dernier long-métrage en date à avoir été tourné pour partie à La Courneuve, est actuellement sur les écrans. Il s'agit de Sans arme ni haine ni violence (photo 6) de Jean-Paul Rouve, dont les scènes d'égouts sont courneuviennes (voir Regards n°261).
Mais les décors courneuviens n'inspirent pas que les auteurs de fiction. Julien Samani en 2007 avec Sur la piste (diffusé sur Arte le mois dernier, voir Regards n°236) ainsi que Dominique Cabrera en 1994 avec Une Poste à La Courneuve, ont réalisé des documentaires mettant en lumière des morceaux de réalité courneuvienne. Deux films remarqués dans les festivals dédiés aux courts-métrages et défendus par la critique.
Entre les tournages, les studios (Stains, Aubervilliers...), les boîtes de production (Europacorp de Luc Besson à La Plaine) et les industries techniques (à Montreuil ou Saint-Ouen notamment), le coeur du cinéma français ne battrait-il finalement pas plus fort en Seine-Saint-Denis qu'à Cannes ? " Cannes en banlieue " l'an passé n'était donc qu'un juste retour des choses.

Dossier réalisé par Yann Lalande




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