.
.
Regards, le magazine de la ville .. .

n°304 - du jeudi 4 au mercredi 17 février 2010

 L'événement




 


Solidarité active



Alors qu’il a mis en place le RSA, l’état ne se préoccupe guère des allocataires. À La Courneuve CCAS et Objectif Insertion unissent néanmoins leurs efforts pour répondre aux besoins des personnes concernées.



C’est un public très divers qui pousse la porte du service Objectif insertion au 63, rue de la Convention. Il y a des gens de tous les âges, de tous les nivaux de qualification, des chômeurs de longue durée aux jeunes titulaires d’un bac + 5 qui ont du mal à trouver un premier emploi par faute de réseaux. « Certains sont de nouveaux allocataires, d’autres viennent par le bouche-à-oreille, car ils savent que c’est un lieu où ils vont être écoutés ou parce que leur voisin a retrouvé du travail après un suivi dans nos services » explique Clémentine Marchal, directrice de cette structure communautaire. Dans un premier temps, les demandeurs sont reçus par un référent administratif du CCAS, Hassania Hassouna, détachée dans les locaux d’Objectif insertion pour instruire les dossiers de demande d’allocation.

Tordre le cou aux idées reçues

« Je reçois les gens à bureau fermé. Si cela est nécessaire, nous pouvons prendre une heure pour remplir leur dossier. Je les informe sur leurs droits à l’accompagnement et je leur conseille fortement de rencontrer un chargé d’insertion » détaille la jeune femme. Les conseillères, au nombre de cinq, reçoivent sur rendez-vous. Lors de la première rencontre, le chargé d’insertion fait le point avec le demandeur sur sa situation. « Nous nous assurons qu’il bénéficie bien de tous les droits auxquels il peut prétendre et le cas échéant, nous les accompagnons dans leurs démarches pour les rétablir dans leurs droits » explique Pulchéry Nyongo-Sessou, chargée d’insertion. Les rendez-vous durent une heure et l’allocataire peut revenir autant de fois qu’il le désire. Chaque parcours est personnel. Il peut déboucher sur un permis de conduire, une remise à niveau, des cours de français ou une formation qualifiante. « Chaque personne est différente. Nous faisons du sur mesure » précise Pulchéry. Les conseillers s’appuient sur les réseaux mis en place par Plaine Commune dans le cadre des Maisons de l’emploi. Ils font appel aux formations collectives ou individuelles, subventionnées par le Conseil général. Ils travaillent avec le pôle emploi ou la mission locale. « Le projet d’insertion peut aussi porter sur le logement ou sur la santé, car s’il y a un problème de logement ou de santé, il est difficile de retourner vers l’emploi, relève Farida Sghaier. Dans ce dernier cas, les conseillers vont faire appel à la psychologue, Anne-Marie Hafs.» Objectif insertion accompagne 980 allocataires du RSA sur les 1800 que compte la ville. C’est le meilleur pourcentage de toute la France pour un service de cette nature. Pour la responsable du site, ce succès est dû à la présence du référent du CCAS dans les locaux de la rue de la Convention. « Sa présence est un plus considérable. Les allocataires n’ont pas à se déplacer dans deux endroits différents, CCAS et Objectif insertion. De surcroît, elle fait le lien avec les conseillères d’insertion. Nous sommes la seule ville de Plaine Commune à travailler de cette façon » complète Clémentine Marchal. Chaque année, à La Courneuve, environ 140 allocataires retrouvent le chemin de l’emploi. Une réussite partagée par l’ensemble de l’équipe du 63, rue de la Convention, de la secrétaire à la directrice. Une équipe de professionnels qui tient à tordre le cou aux idées reçues. « Les gens viennent ici pour s’en sortir. Leurs premiers mots sont «Je veux travailler». Beaucoup d’entre eux vivent des choses très difficiles. Nous nous demandons toujours où ils vont chercher leur courage. C’est incroyable le potentiel qu’ils ont. »

Dossier réalisépar Marie-Hélène Ferbours

Alors que le RSA a été généreusement augmenté de 1,2%, le nouveau patron d’EDF, M. Proglio se contentera lui d’un salaire de 1,6 millions par an ! Pendant ce temps-là, les traders parisiens ont bénéficié d’1 milliard d’euros de primes, le salaire de 60 000 smicards pendant un an !



..haut de page ---------------Tous droits réservés © 2009 VLC Réalisation Webmastering COMTOWN