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REGARDS Le journal de La Courneuve l N°489
du jeudi 8 février au 21 février 2018

ARRÊT SUR IMAGES

À MON AVIS

L'ÉVÉNEMENT DE LA QUINZAINE

L'ACTUALITÉ

DOSSIER

L'ACTUALITÉ

SPORT • CULTURE • LOISIRS

AGENDA

UN CERTAIN REGARD

ARRÊT SUR IMAGES Haut de page

Emel’feu à Houdremont

Emel Mathlouthi, artiste tunisienne engagée, a été l’une des voix du Printemps arabe. Le 2 février, elle est montée sur la scène du centre culturel courneuvien. Elle a partagé avec son public ses influences de folk, de rock psychédélique et de chants arabes.

20 cm

Ça y est, la neige est arrivée ! Elle a recouvert de son beau manteau blanc les rues, places et bâtiments de la ville.

Mozart chez Marcel-Paul

Le 31 janvier, le conservatoire à rayonnement régional d’Aubervilliers-La Courneuve (CRR 93) a donné un concert sur la vie de Mozart. Pour l’occasion, seniors et enfants des centres de loisirs Saint-Exupéry et Louise-Michel ont partagé ce moment intergénérationnel.

Les Mots dans l’escalier

Le 26 janvier a eu lieu la 33e édition de la scène ouverte à tous les univers artistiques.

Des jongleurs hors les murs

Du 29 janvier au 2 février, les artistes de la Maison des jonglages sont sortis des sentiers battus. Ils ont proposé des petits formats dans les appartements des Courneuviens, dans les commerces et dans les restaurants, comme ici à L’Etna, la pizzeria de la rue Lépine.

À mon avis Haut de page

Quels choix, quelles filières choisir après le bac ? 


" Oui, les enfants de La Courneuve poursuivent des études et réussissent.
Mais de très nombreux lycéens s’inquiètent, ainsi que leurs parents, car l’enseignement supérieur est une nouvelle étape, facteur d’épanouissement personnel mais aussi, souvent, sésame pour l’emploi.
Si les personnels du lycée Jacques-Brel sont aux petits soins pour les élèves et leurs familles, le nouveau dispositif d’orientation « Parcoursup » mis en place par le gouvernement ne s’inscrit pas dans cette perspective.
En effet, au lieu d’ouvrir l’université, lui donner les moyens d’accompagner l’évolution démographique, (la France a vu sa population augmenter de 10 % sur ces vingt dernières années, ce qui n’est pas le cas des places dans l’enseignement supérieur),
c’est encore la sélection qui est choisie.
Pourtant, tout le monde sait combien les métiers d’aujourd’hui et de demain réclameront plus de savoirs, plus de polyvalence, et donc une formation initiale solide.

Non, décidément obnubilé par la baisse des dépenses publiques, enfermé dans ces vieux schémas de pensée qui réservent le savoir
pour une minorité, ce gouvernement ferme les portes de l’espoir à la jeunesse.
Procès d’intention de ma part ? Regardons !
Augmente-t-on les places dans les universités pour répondre à la demande ?
Augmente-t-on les bourses, leur nombre et leur montant pour lutter contre la précarité et permettre aux enfants des milieux populaires d’accéder normalement à l’enseignement supérieur ?
NON et NON.

Alors je soutiens les syndicats étudiants qui protestent, avec les syndicats d’enseignants, contre cette réforme injuste de l’université. Notre service jeunesse ouvre grand ses portes pour aider et accompagner ceux qui vont les pousser. Nous ne nous résignons pas à cette sélection inique.
Les enfants de La Courneuve ont les capacités, comme les autres, de réussir. "

Gilles Poux, maire

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Hygiène et santé
Un service qui vous veut du bien

À La Courneuve, le Service communal d’hygiène et de santé (SCHS) contrôle notamment les logements dégradés et les commerces alimentaires. Regards a suivi une équipe d’agents lors d’une visite dans une épicerie des Quatre-Routes.

Jeudi 1er février, à 11 heures. Prudence et Hérold, inspectrice et inspecteur de salubrité de la Ville, se rendent dans un commerce de l’avenue Jean-Jaurès. Un ancien restaurant kebab reconverti en épicerie depuis deux ans. « Bonjour madame, nous sommes le service hygiène et santé de la mairie. Nous venons faire un contrôle du magasin. Pouvons-nous voir le gérant ? » annoncent les agents assermentés. La vendeuse, seule dans les lieux à ce moment-là, ne comprend pas bien la raison de leur venue. Prudence explique que tous les commerces alimentaires sont contrôlés. « Nous veillons à ce que les lieux soient propres, bien entretenus et qu’il ne manque rien en termes de sécurité. » Une fois les explications données, les inspecteurs, munis de leur grille d’évaluation et d’un appareil photo, se dirigent vers la cuisine. La responsable du commerce est au téléphone avec la vendeuse, elle demande à parler aux agents de salubrité, qui lui expliquent la procédure. L’inspection peut commencer. Tout est méticuleusement contrôlé : les dates de péremption des aliments stockés, la température des réfrigérateurs et congélateurs, la propreté, les arrivées d’eau, les évacuations, les produits d’entretien, la manière dont sont entreposées les denrées alimentaires. Dans ce commerce, anciennement prévu pour de la restauration rapide, il y a des hottes, des huiles de cuisson.
Prudence souligne qu’il faut « impérativement des relevés de températures, des documents d’hygiène type “Comment se laver les mains”. Si la vendeuse est en contact avec de la nourriture, on vérifie qu’elle ait bien un certificat médical d’aptitude à la manipulation d’aliments ». Après la cuisine, les toilettes sont passées au peigne fin. Rien n’échappe aux yeux experts des inspecteurs, qui notent et prennent en photo tous les éléments à collecter dans leur rapport. Après avoir trouvé quelques denrées périmées, ils demandent à la vendeuse de bien vouloir les jeter. « Il ne faut pas les laisser dans les congélateurs. Il pourrait n’y avoir aucun problème d’intoxication, mais on ne prend aucun risque. » Globalement, l’état de la boutique est correct. L’équipe, une fois son rapport rédigé et complété, l’enverra à la gérante du magasin, qui devra dans un délai imparti rectifier les petites anomalies. Dans quelques mois, une visite de contrôle sera effectuée. C’est la procédure pour tous les commerces alimentaires de la ville. 

• Isabelle Meurisse

Service communal
Les missions du SCHS

C’est un service réglementaire qui veille à la sécurité de la population en termes sanitaires : la salubrité des logements, l’hygiène des commerces alimentaires, la lutte contre les nuisibles – rats, pigeons, animaux morts –, la qualité de l’eau et de l’air, les installations classées pour la protection de l’environnement, les installations électriques dans les logements ou les commerces, les risques structurels (par exemple, un immeuble qui menace de s’effondrer), les nuisances de voisinage, etc. Les missions de ce service communal sont très riches et variées. Elles demandent une bonne connaissance en termes juridiques. Les inspecteurs de salubrité peuvent intervenir sur la demande d’un particulier ou contrôler un commerce de manière inopinée. Ils doivent également vérifier certains éléments qu’ils avaient remarqués lors d’une précédente visite. Souvent, les procédures sont longues, surtout quand certains propriétaires tardent à réaliser les travaux nécessaires.

Le SCHS a aussi un rôle de conseiller

« En outre, il est parfois difficile aux locataires d’entendre qu’ils doivent nettoyer leurs ventilations, aérer et chauffer leur logement, car ils ignorent que l’humidité intérieure augmentera sinon. Ce qui peut engendrer une pollution de l’air ou des moisissures. De plus, ils espèrent souvent, à tort, un logement social justifié par l’état de leur habitation, alors que le SCHS a un rôle de “prescripteur” de travaux d’amélioration », rappelle Jennifer Belkadi, responsable du Service communal d’hygiène et santé. Le SCHS a cependant aussi un rôle de conseiller dans certains cas, comme pour la lutte contre les nuisibles (punaises de lit, souris…), pour l’agencement des commerces ou le logement, ou d’autres thématiques sanitaires.

• I. M.


Le Service communal d’hygiène et de santé est joignable au 01 49 92 62 88 ou à hygiene@ville-la-courneuve.fr

Depuis le 1er février, le service assure également une permanence tous les jeudis à la Boutique de Quartier des Quatre-Routes,
35 av. Paul-Vaillant-Couturier, de 9h à 11h, hors vacances scolaires.

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Solidarité
Grand froid

L’île-de-France étant touchée par une vague de froid, le préfet a activé le plan Grand Froid. à La Courneuve, le maire et la municipalité ont décidé d’ouvrir le gymnase El-Ouafi de 18h à 8h30. Les personnes sans-abri seront accueillies par les services municipaux, le Secours populaire et l’Association des secouristes dyonisiens qui assurent depuis le mois de novembre des maraudes. Au-delà de pouvoir passer la nuit au chaud, les personnes seront accompagnées et orientées vers des structures susceptibles de les aider. Si vous croisez des sans-abri, incitez-les à se rendre au gymnase El-Ouafi ou à contacter le 115 qui les orientera vers un hébergement d’urgence.

Recensement

Une nouvelle campagne de recensement est lancée. Jusqu’au 25 février, 8 % des logements de la ville font l’objet d’un sondage. Le recensement est obligatoire. Si votre adresse a été tirée au sort, vous allez recevoir une lettre du maire, puis la visite d’un agent recenseur. Vous devrez répondre à des questionnaires, qui resteront anonymes, sur votre logement et votre situation personnelle. Les agents recenseurs vous proposeront d’y répondre au choix sur Internet ou sur papier. Une fois complétés, les formulaires sont envoyés à l’INSEE.

Hygiène
Le Super U est fermé

Depuis le 17 janvier 2018, le magasin Super U, situé sur le rond-point des Quatre-Routes est fermé par arrêté préfectoral pour non-conformité des règles d’hygiène. Cependant, le commerce devrait rouvrir prochainement sous une autre enseigne.

Rentrée 2018-2019
Inscriptions en maternelle

Si votre enfant est né(e) en 2015, pensez à le préinscrire à l’école maternelle du 29 janvier au 31 mars 2018. Rendez-vous au Pôle administratif, 58, avenue Gabriel-Péri, avec votre livret de famille, l’avis d’imposition 2017, un carnet de santé, un bail de location ou une attestation de propriété, la dernière quittance de loyer et la dernière facture d’électricité, eau ou gaz.

Comités de voisinage

Les habitants des quartiers de la Gare et des 4000 Nord ont bravé la neige pour assister aux premiers comités de voisinage de 2018. Ces rendez-vous se poursuivront tout au long de la semaine. Compte rendu dans le prochain Regards.

DOSSIER Haut de page

La fin de l’université pour tous ?

Le 22 janvier, les lycéens de terminale ont inauguré Parcoursup, la plateforme remplaçante d’APB. Cette mise en service marque l’entrée en vigueur du Plan étudiants voté par l’Assemblée nationale.
Au programme : examen de dossiers de candidature, mise en place de parcours personnalisés et définition des prérequis.
Ces réformes divisent, tant du côté des étudiants que du personnel enseignant.

Les élèves ont jusqu’au 13 mars pour rentrer tous leurs souhaits encadrés par leurs professeurs. Pour Régis Gallerand, le proviseur du lycée Jacques-Brel, cette réforme est un défi : « Cet été, le nombre de bacheliers sans affectation a atteint un niveau record, on aimerait éviter au maximum cette situation. Au lycée, plusieurs changements découlent du projet de loi : le premier concerne la mise en place de la nouvelle plateforme. Les élèves ne pourront faire que 10 vœux au lieu de 24 sur APB, et ceux-ci ne seront pas hiérarchisés. Nous veillerons à ce que les choix soient adaptés aux profils. La deuxième nouveauté concerne l’accompagnement. Il y aura dorénavant deux professeurs principaux par classe de terminale pour apporter un aiguillage supplémentaire. » Pour Hélène Sejor, proviseure adjointe, cette réforme est l’occasion de favoriser les échanges entre le lycée et l’université : « Nous avons prévu des “semaines de l’orientation”, durant lesquelles nous inviterons des enseignants universitaires, des professeurs de classes préparatoires, de BTS, de DUT, des professionnels ainsi que des anciens élèves. Ils présenteront leur spécialité et échangeront avec les jeunes pour que leur choix soit fait en conscience. »
Une fois les vœux effectués, les dossiers seront envoyés aux universités qui répondront à chacune de leurs demandes en fonction d’« attendus ». Ceux-ci correspondent à une liste de prérequis nécessaires pour entrer en licence. Angela Correira, secrétaire administrative au sein de l’UFR d’art de Paris-VIII, explique : « Une fois les dossiers examinés, les universités pourront apporter trois types de réponses au candidat : “oui”, “oui si” ou “en attente”. Dans le deuxième cas, l’étudiant peut se voir proposer des cours de soutien dans certaines matières, voire une année d’études supplémentaire si le corps enseignant le juge nécessaire. Les universités sont saturées, c’est un moyen de faire le tri et de laisser la place aux plus motivés », assure-t-elle.

Le grand flou

La légitimité d’évaluer la motivation sur dossier fait débat. Car si pour certains cette technique est un gage de réussite en licence, d’autres y voient l’amorce d’un démantèlement du système éducatif public. Pour Romain Pudal, sociologue au CNRS, il s’agit de limiter l’accès universitaire à une élite : « Beaucoup de choses relèvent du grand flou à l’instar de certains attendus comme l’“ouverture sur le monde”, l’“autonomie” ou encore la “capacité de raisonnement”. Ceux-ci ont pour but de cacher le vrai visage de la réforme : la sélection. On nous vend l’idée d’un collège professoral qui évaluerait au cas par cas les milliers de dossiers. Mais les professeurs ne pourront jamais s’atteler à pareille tâche ! En réalité, les dossiers seront sélectionnés de façon purement mathématique : les lycéens avec les meilleures notes en priorité, et les autres prendront ce qui reste. »
Au nom de l’égalité d’accès à la connaissance, de nombreuses organisations se sont rassemblées le 20 janvier dernier lors du meeting unitaire contre le Plan étudiants à la Bourse du travail. C’est le cas des enseignants de l’Association des sociologues enseignants du supérieur (l’ASES), qui voient dans la réforme une privatisation progressive du système universitaire : « Cette sélection prend appui sur une sélection sociale. Tel bachelier pourra se prévaloir de la bonne option disponible dans les seuls lycées prestigieux pour candidater à telle licence ultra sélective, tel autre bénéficiera des moyens mis à disposition tout au long de sa carrière scolaire pour améliorer sa “stratégie de placement”, tel autre en restera exclu. Moins brutale que l’augmentation drastique des droits d’inscription […], cette réforme n’en constitue pas moins une régression sociale, politique, intellectuelle sans précédent. » Aux côtés de l’ASES, plusieurs syndicats étudiants ont manifesté leur profond désaccord. Laura Pfister, élève de terminale et membre de l’Union nationale lycéenne (l’UNL), met en garde ses camarades contre « une sélection sociale méritocratique ». « On est en train d’instaurer le même système de tri que pour les classes préparatoires et les écoles privées. Quand on regarde la liste d’attendus, c’est affolant : esprit de synthèse, BAFA, lettre de recommandation, maîtrise de plusieurs langues… Ils nous demandent d’être déjà formés à la sortie du lycée ! Le plus grave, c’est l’accentuation du clivage social. Ils parlent de “parcours sur mesure” et se donnent la possibilité d’imposer une année en plus à un élève. Mais c’est toujours au détriment des plus défavorisés, sachant que les bourses ont une durée limitée », déplore-t-elle. Derrière une simple réforme APB se dévoilent des enjeux politiques d’envergure et un risque d’entériner des inégalités sociales déjà existantes.
Si l’appel pour le retrait du Plan étudiant a été adopté à l’unanimité à l’issue du meeting, la mobilisation continue pour préserver l’université publique. « Nous allons sensibiliser un maximum les lycéens et en appeler à la solidarité étudiante », assure Laura. Une affaire à suivre !

370 000 candidats ont déjà rempli leur dossier sur Parcoursup.

Vous avez dit

Ibtissem, étudiante en terminale ST2S
« Quand on regarde tous ceux qui se sont retrouvés sans université à cause du tirage au sort l’année dernière, je pense qu’il fallait bien qu’il y ait du changement ! Je n’ai pas connu APB, donc c’est difficile de comparer les deux plateformes. Par contre, je suis pour la sélection sur dossier. Ça laisse la place aux plus motivés et ça nous motive nous aussi à avoir de bonnes notes et de bonnes appréciations. »

Salim, terminale ES
« Le tirage au sort, c’était cruel, mais au moins tout le monde était à égalité. C’est normal qu’il y ait des filières compétitives comme les prépas ou les IEP, mais l’université en France, c’est pour tout le monde ! C’est un débat délicat parce qu’on nous dit constamment qu’il n’y a plus de place dans les amphis. Il faut faire un tri, je comprends, mais je ne sais pas si c’est la bonne méthode. »

Nabil, terminale STMG
« Je trouve ça moche qu’ils aient décidé d’instaurer autant de compétitivité entre les filières et entre les élèves. En ce qui me concerne, je voudrais aller en Staps à la fac, mais je sais très bien qu’en ayant suivi une filière technologique, j’ai très peu de chances d’être admis. Maintenant, seulement les meilleurs auront accès à la licence de leur choix. D’ailleurs, au lieu de 24 vœux, nous ne pouvons plus en faire que 10. Tant mieux pour ceux qui sont sûrs de ce qu’ils veulent faire, mais ça restreint les autres.  »

Interview de Romain Pudal, sociologue au CNRS

REGARDS : Vous êtes membre de l’Association des sociologues enseignants du supérieur qui s’est mobilisée contre le Plan étudiants. Pouvez-vous nous en expliquer la raison ?

Romain Pudal : La réforme est présentée comme une réponse technique aux défaillances d’APB et du tirage au sort. Derrière l’argumentaire de l’orientation sur mesure, le gouvernement est en train de mettre en place l’université pour l’élite. à quoi sert le baccalauréat si les lycéens doivent répondre à tout un tas de critères arbitraires exigés par telle ou telle université ? Cela n’aboutira qu’à une chose : la compétition entre élèves et entre les facs elles-mêmes, qui se battront pour les « meilleurs » ! Quand le président affirme vouloir « mettre fin au mythe de l’université pour tous », il est très clair : on touche aux fondements mêmes de l’enseignement public.

R : Que répondez-vous à ceux qui justifient cette mesure par le fort taux d’échec en première année de licence ?
R. P. : On parle beaucoup du taux d’échec
en licence en mélangeant tous les cas de figure, notamment les étudiants qui se réorientent.
Ça fait partie de la formation, c’est comme ça qu’on évolue et qu’on se forme ! Moi-même j’ai changé trois fois de discipline, ce qui ne veut pas dire que j’étais instable ou en échec scolaire...
On est en train d’exiger de jeunes de 17-18 ans qu’ils aient une visibilité sur dix ans !

R. : Cet été, le système de tirage au sort a montré ses limites avec les nombreux cas de non-affectation. Devant le manque de place dans les universités, comment conserver un système éducatif démocratique ?
R. P. : Il faut cibler la vraie faille. On nous fait croire que tout vient des étudiants mais le vrai problème, c’est la paupérisation de l’enseignement public. Les établissements doivent faire face au boom démographique des années 2000 avec de moins en moins de moyens. De nombreux docteurs sont au chômage ou enchaînent les contrats de vacataires. Ce manque de stabilité ne les met pas dans les meilleures conditions pour enseigner. Il s’agit d’augmenter les effectifs et les capacités d’accueil pour travailler dans de bonnes conditions, accompagner au mieux les étudiants et donner une chance à tout le monde ! Du tutorat, des amphithéâtres moins bondés, plus de travaux dirigés… tout cela va dans le sens de la réussite. 

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Conférence
La filiation, kézako ?

Samedi 3 février dans les locaux de l’association Coparenf, l’heure est au débat.
Le thème du jour ? La filiation et l’autorité parentale. Deux avocats sont là pour éclairer nos lanternes…

Il est 14h30. Prisque Nkuni Kamena, directrice de l’association, nous accueille avec boissons chaudes et chocolats. « Ici, on discute dans la convivialité ! » s’exclame-t-elle. Maître Josine Bitton, avocate au barreau de Seine-Saint-Denis et Maître Pierre Verdier, avocat au barreau de Paris, préparent leur présentation tandis que l’auditoire s’installe.
Une quinzaine de Courneuviens sont venus assister à la conférence : quatre mères de famille, un éducateur, deux femmes retraitées ainsi que Danielle Rudent-Gibertini, maire adjointe. « Tout ce qui a trait à la parentalité est particulièrement intéressant à
La Courneuve car il y a beaucoup de situations familiales compliquées »
, explique cette dernière. Maître Pierre Verdier ouvre le débat : « Selon vous, qu’est-ce que la filiation ? » La question est abordée de la façon la plus exhaustive possible : « Nous allons voir ce qu’implique le statut de parents, comment définir cette autorité parentale, mais aussi les marques de la filiation à la famille », annonce Maître Josine Bitton. Les deux avocats traitent aussi les cas spécifiques tels que l’accouchement sous X ou les « nouvelles formes familiales ». Au fil de la présentation, les questions s’enchaînent. Laurence, mère de famille, demande : « Je souhaite accueillir chez moi un enfant étranger confié par ses parents, comment dois-je procéder ? » « Puis- je adopter un enfant français alors que je suis étranger ? » se demande Gueye. Les avocats les orientent, tout en soulignant les nuances de la législation : « Il faut faire attention, l’autorité parentale n’implique pas forcément son exercice », fait remarquer Maître Bitton. Pour clore la séance, l’avocate se dit ravie d’avoir animé ce débat. Elle reconnaît : « à partir du moment où les rapports humains sont en jeu, ce n’est jamais simple ! L’enfant n’est pas notre propriété, la seule finalité de l’autorité parentale est la protection de l’enfant. » Toute la salle est ravie de l’intervention : « Vous avez su faire preuve de pédagogie en vous adaptant à un public novice », déclare Laurence.
Bonne nouvelle : au vu du succès du débat, Prisque a l’intention de planifier une nouvelle intervention très prochainement !

• Célia Houdremont

Coparenf, 11 allée des Tilleuls

Grand froid
Plan neige

Les équipes d’astreinte de Plaine Commune sont à pied d’œuvre pour faire face à la neige et au verglas, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, et ainsi maintenir la circulation des véhicules sur le territoire et l’accès des piétons aux bâtiments publics. Attention ! En complément de ces dispositions, l’obligation est faite aux riverains, aux bailleurs, aux commerçants et aux entreprises d’intervenir aux abords de leur propriété pour en assurer le déneigement et agir contre le verglas. Pour tout savoir sur le plan Grand Froid de Plaine Commune, appelez le 0800 074 904. Allo Agglo vous informe sur l’avancement des travaux de déneigement des voies. Ce numéro vert est gratuit depuis un poste fixe et accessible 6 jours sur 7 de 8h30 à 12h et de 13h à 17h30 du lundi au vendredi, et le samedi de 8h30 à 12h30.

• I. M.

Travaux
Maintenance et sécurité pour le T1

Du 19 au 24 février, les rails entre les stations Hôtel de ville et Libération (Bobigny) vont être changés. Ces travaux n’engendreront pas de déviation automobile. En revanche, la ligne sera interrompue entre les stations Bobigny-Pablo Picasso et 8-Mai-1945. Des bus de substitution seront mis en place. Huit cents mètres de rails seront remplacés pour assurer le bon fonctionnement et la sécurité sur la ligne T1. Pour toute question ou plainte rencontrée au moment des travaux, un numéro sera mis à disposition des usagers. L’information sera communiquée par voie postale dans les prochains jours.

• I. M.

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Sport et musique
À Politzer, quel cirque !

Les 16 et 18 janvier, les huit classes de 5e du collège Georges-Politzer ont présenté au gymnase Jean-Guimier des numéros de cirque, réalisés dans le cadre des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI). Un projet qui favorise l’échange, l’écoute et le respect.

Dans la grande salle du complexe sportif Guimier, l’heure est à l’entraînement. Les petits groupes d’élèves répètent une dernière fois leurs mouvements, avant de se produire dans la salle du fond, devant tous les 6e du collège. Avant d’entrer en scène, les Multi Girls sont dans l’ascenseur émotionnel. C’est entre trac et excitation qu’elles se mettent en place. « Les élèves de 5e qui se produisent en spectacle cette année sont les 6e de l’année dernière, souligne étienne Barraux, un des sept professeurs d’éducation physique et sportive (EPS) de l’établissement. Et ceux qui assistent à la représentation cette année seront ceux qui feront le spectacle l’année prochaine. C’est différent de vivre le moment d’un côté, puis de l’autre. C’est bien qu’ils vivent les deux. » La musique démarre. Amina, Sahra, Niannian et Magnolia commencent leur enchaînement : assiettes chinoises, jonglage, acrobaties et un porté pour finir. Tout s’est bien passé. Elles sont soulagées. « On a fait tout ce qu’on avait prévu, lâche Amina. On aurait pu mieux faire, c’est sûr, mais on est fières du résultat, car c’est un numéro auquel nous avons réfléchi ensemble. Et ce n’est pas toujours facile de se mettre d’accord ! » Place à présent aux Robots jongleurs, qui tentent de mêler cirque et hip-hop. Chaque petit groupe d’élèves a créé sa bande-son à partir d’un petit logiciel. Florent Delahaies, professeur d’éducation musicale, explique que les adolescents ont sélectionné des morceaux dans une banque de sons et qu’ils ont eu ensuite trois séances de montage pour finaliser leur musique personnalisée. « Dans ce projet sport et musique, ils ont quasiment tout fait de A à Z », ajoute étienne Barraux. Les élèves du public, munis de leur symbole de type QRcode, « notent » chacune des prestations. « L’enseignant équipé de la tablette, connectée à Internet, balaye la salle. Le système “scanne” en direct les votes. Grâce à Plikers, une application très simple, il est possible d’interroger individuellement tous les élèves d’une classe en utilisant de simples étiquettes en papier ou carton. » Le résultat tombe : c’est finalement le groupe La casa de las bolsas qui remporte le tournoi. Pour la deuxième année consécutive, les enseignants du collège Georges-Politzer affirment leur volonté d’instaurer une culture commune dans l’établissement. « Ce projet interdisciplinaire permet aux collégiens une autre approche du sport et de la musique. Ils posent des mouvements sur des rythmes, des tempos. Ils doivent faire ensemble. Ils se sont également familiarisés avec la Maison des jonglages et le centre Houdremont qui ont proposé quelques heures d’initiation. Et pour nous, professeurs, cela nous permet d’avoir une relation différente avec eux. C’est bénéfique pour tout le monde », conclut le professeur d’EPS.

• Isabelle Meurisse

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À l'étoile

 

Tous les films du 8 au 21 février 2018
1, allée du Progrès - Tramway Hôtel-de-ville. Tél. : 01 49 92 61 95

D Soirée découverte, tarif unique : 3 e
J Film Jeune public
Prix : Tarif plein : 6 e / tarif réduit : 5 e / 
abonné adulte : 4 e / abonné jeune, groupes, associations : 2,50 e
Séance 3D : +1 e. Tarif moins de 18 ans : 4 e

La Tête dans les nuages (Film Jeune public)
Programme de six courts-métrages, 38 min.
Sam. 10 à 11h ciné ptit-déj (Soirée découverte, tarif unique : 3 e) et atelier maquillage.
Dans le cadre du festival Ciné junior.

Urashima Taro et autres histoires de sirènes (Film Jeune public)
Programme de trois courts-métrages, 41 min.
Sam. 10 à 14h (Soirée découverte, tarif unique : 3 e) ciné-goûter.
Dans le cadre du festival Ciné junior.

L’île de Black Mor (Film Jeune public)
France, 2003, 1h21. De Jean-François Laguionie.
Dim. 11 à 14h (Soirée découverte, tarif unique : 3 e) ciné-goûter.
Dans le cadre du festival Ciné junior.

Les Bêtes du Sud sauvage (Film Jeune public)
États-Unis, 2012, VO, 1h32. De Benh Zeitlin.
Ven. 9 à 20h15. Dans le cadre du festival Ciné junior.

Normandie nue
France, 2017, 1h45. De Philippe Le Guay.
Ven. 9 à 16h, sam. 10 à 20h, dim. 11 à 16h30, mar. 13 à 18h.

Downsizing
États-Unis, 2017, VO/VF, 2h16. D’Alexander Payne.
Ven. 9 à 18h VO, sam. 10 à 16h30 VF, dim. 11 à 18h30 VO, lun. 12 à 18h VF, mar. 13 à 20h VO.

Braguino
France/Russie, 2017, 50 min. De Clément Cogitore.
Ven. 9 à 12h D, sam. 10 à 19h, lun. 12 à 20h30 D.

Zombillénium (Film Jeune public)
France, 2017, 1h40. D’Arthur de Pins et Alexis Ducors.
Mer. 14 à 14h, ven. 16 à 17h, sam. 17 à 14h, dim. 18 à 14h, lun. 19 à 16h15, mar. 20 à 14h.

La Douleur
France, 2017, 2h06. D’Emmanuel Finkiel.
Mer. 14 à 18h, ven. 16 à 14h (Soirée découverte, tarif unique : 3 e) ciné-thé, sam. 17 à 16h, lun. 19 à 14h, mar. 20 à 20h.

Wonder Wheel
États-Unis, 2017, VO, 1h41. De Woody Allen.
Mer. 14 à 16h, ven. 16 à 12h (Soirée découverte, tarif unique : 3 e) et à 18h30, sam. 17 à 20h, dim. 18 à 19h15, lun. 19 à 18h, mar. 20 à 16h.

Vers la lumière
Japon, 2017, VO, 1h41. De Naomie Kawase.
Ven. 16 à 20h15, sam. 17 à 18h, lun. 19 à 20h (Soirée découverte, tarif unique : 3 e), mar. 20 à 18h.

Du silence et des ombres
États-Unis, 2017, VO/VF, 1h27. De David Lowery.
Dim. 18 à 16h (Soirée découverte, tarif unique : 3 e), rencontre dans le cadre de Parlons ciné !

Coco (Film Jeune public)
États-Unis, 2017, VF, 1h40. De Lee Unkrich et Adrian Molina.
Mer. 21 à 14h.

Rita et le crocodile (Film Jeune public)
Danemark, 2017, VF, 40 min. De Siri Melchior.
Mer. 21 à 16h.

Ami-ami
France, 2017, 1h26. De Victor Saint Macary.
Mer. 21 à 17h.

3 Billboards, les panneaux de la vengeance
États-Unis, 2017, VO, 1h56. De Martin Mc Donagh.
Mer. 21 à 18h30.

Agenda

8 février
PLUI Réunion publique
Dans quelle ville voulons-nous vivre demain ? Quelle place pour les piétons, les cyclistes ? Comment construire ? Plaine Commune organise une série de réunions publiques pour débattre de l’avenir du territoire. L’une d’elles se tiendra à La Courneuve.
Médiathèque Aimé-Césaire, à 18h30.

RÉUNION 4000 Sud
Comité de voisinage : comment favoriser les liens intergénérationnels dans le quartier ? Focus sur les quartiers Braque, l’Orme-Seul, Debussy, Balzac et retour sur les échanges avec le bailleur Seine-Saint-Denis habitat.
Boutique de Quartier des 4000, à 18h30.

9 février
RÉUNION Centre-ville
Comité de voisinage : la gestion des questions de quotidienneté, de prévention
et de traitement des signalements.
Maison de la citoyenneté, à 18h30.

10 février
ÉCHANGE Contre l’excision
Dans le cadre de la journée de lutte
contre l’excision et les mutilations génitales, l’association Africa propose
de venir échanger avec Ghada Hatem, gynécologue-obstétricienne et fondatrice de la Maison des femmes de Saint-Denis.
1, rue Joliot-Curie, à 14h.
Renseignements au 01 48 36 95 74.

13 février
CRR93 Concert’O Déj
Les élèves du conservatoire à rayonnement régional d’Aubervilliers-
La Courneuve proposent une pause déjeuner musicale.
Centre culturel Houdremont, à 12h30.

14 février
SANTÉ Vaccinations gratuites
Elles sont ouvertes aux enfants à partir de 6 ans et aux adultes.
Centre municipal de santé. 2, mail de l’égalité, salle de PMI au 1er étage, de 13h30 à 15h30.

RENCONTRE Aline Pailler
Dans le cadre de la Journée internationale de la langue maternelle, la Maison de la citoyenneté accueille Aline Pailler, journaliste engagée et animatrice de radio et de télévision.
Maison de la citoyenneté, à 18h30.

15 février
MAIRIE Conseil municipal
Salle des fêtes de l’Hôtel de ville, à 19h.

16 février
SENIORS Musée du Quai Branly
Les retraités de la Maison Marcel-Paul partent en visite au musée du Quai Branly.
Rendez-vous à 12h45
au métro 8-Mai-1945 (Quatre-Routes).

SANTÉ Don du sang
L’établissement français du sang organise une collecte. Pensez à vous munir d’une pièce d’identité.
Salle des fêtes de l’hôtel de ville,
de 13h à 18h. Ne pas être à jeun.

SENIORS Ciné-thé
Projection du film de Mahamat-Saleh Haroun, Une saison en France.
Cinéma L’étoile, à 14h.

18 février
CINÉ Parlons ciné !
Projection du film de Robert Mulligan,
Du silence et des ombres. La séance sera suivie d’une discussion avec Claudine
Le Pallec Marand, docteure en cinéma.
Cinéma L’étoile, à 16h.
Tarif unique : 3 euros.

19 février
SENIORS Atelier prévention des chutes
Maison Marcel-Paul, de 9h à 10h15 puis de 10h30 à 11h45. Renseignements au Centre municipal de santé : 01 49 92 60 63.

22 et 23 février
SENIORS Banquet des retraités
Gymnase Antonin-Magne. Sur inscription.

État civil

NAISSANCES
Décembre
• 19 Bilal Sako • 30 Dilina Ourrzik •

Janvier 2018
1 Houria Atek • 3 Syrine Afkir • 12 Farah Torkhani • 12 Zakaria Torkhani • 12 Kevin Constantin • 13 Enzo Dos Santos • 13 Zaïm Rahamatoula • 14 Fouad Mbae • 14 Imene Djadja • 14 Mohamed Bouchchioua • 15 Safiyah Abdool • 16 Evan Ren • 16 akshanan Yogeswaran • 16 Kiyan Mansri • 16 Aylan Tamine • 18 Darian Dackovic • 18 Ousmane Sidibe • 20 Aïda Bamba • 20 Sedra Atillah • 21 Lavinia Constantin • 22 Loup Bonnin • 22 Ziyaan Adnan • 23 Nacib Gueddou •

Mariages
• Idir Bensalma et Karima Bouheni • Aymen Bouaziz et Madiha fredj •

Décès
• Hervé Tchokossa Siewé • Francis Lefevre • Madeleine Mizzi ép. Giacalone •

Numéros utiles

PHARMACIES DE GARDE
•  consulter monpharmacien-idf.fr

URGENCES
Pompiers : 18 • Police-secours : 17 • SAMU : 15

COMMISSARIAT DE POLICE
• Place Pommier-de-Bois
Tél. : 01 43 11 77 30

MÉDECINS DE GARDE
Urgences 93 • Tél. : 01 48 32 15 15

CENTRE ANTI-POISON
• Hôpital Fernand-Widal
200, rue du Faubourg Saint-Denis, Paris
Tél. : 01 40 05 48 48

COLLECTE DES DÉCHETS
Tél. : 0 800 074 904 (gratuit depuis un fixe).

ACCOMPAGNEMENT ET TRANSPORT DES PERSONNES AGÉES
Tél. : 01 71 89 66 15. Les mardis et vendredis.

MAIRIE Tél. : 01 49 92 60 00

PLAINE COMMUNE
• 21, avenue Jules-Rimet, 93218 Saint-Denis. Tél. : 01 55 93 55 55

Permanences des élus

• M. le maire, Gilles Poux, reçoit sur rendez-vous. Pour obtenir une entrevue, vous pouvez lui adresser un courrier à l’hôtel de ville ou lui écrire à l’adresse suivante : maire@ville-la-courneuve.fr
Pour obtenir un rendez-vous avec les élus, un formulaire à remplir est disponible à l’accueil de la mairie.

• Mme la députée, Marie-George Buffet reçoit le deuxième lundi du mois sur rendez-vous.
Tél. : 01 42 35 71 97

• M. le président du Conseil départemental, Stéphane Troussel reçoit chaque vendredi de 14h à 17h. Pour prendre rendez-vous, écrivez à l’adresse suivante : stephane.troussel@ville-la-courneuve.fr

Permanences des élus sans rendez-vous

Les permanences des élus de la municipalité ont repris à l’hôtel de ville, chaque mercredi et chaque jeudi de 16h à 18h, sans rendez-vous (inscription sur place avant et le jour même). Pas de permanence pendant les vacances scolaires.

Permanences de l'adil

Permanences d’information/conseil auprès des propriétaires et des locataires des logements privés (copropriété, contrat de location, charges impayées…). Consultation gratuite.
Centre administratif Mécano, 3, mail de l’Égalité.
RDV avec l’ADIL les deuxième et quatrième jeudis matin du mois, de 8h30 à 12h.
Contacter l’UT Habitat de La Courneuve.
Tél. : 01 71 86 37 71

Horaires des médiathèques

• Médiathèque Aimé-Césaire :
mardi et jeudi de 15h à 19h30, mercredi, vendredi et samedi de 10h à 18h.

• Médiathèque John-Lennon :
mardi de 13h à 19h, mercredi de 10h à 12h et de 14h à 18h, jeudi et vendredi de 15h à 18h et samedi de 10h à 18h.

• Bibliobus :
le mercredi après-midi devant l’école Paul-Doumer.

UN CERTAIN REGARD Haut de page

Aline Pailler, journaliste
« Il est temps de libérer les imaginaires »

Ancienne députée européenne et journaliste, Aline Pailler a placé l’engagement au cœur de son métier.
À travers son travail d’investigation, elle milite pour une société autonome, fondée sur la justice économique et sociale. Le 14 février, elle est de passage à La Courneuve, à la Maison de la citoyenneté, pour animer un débat sur les langues et l’intégration. Rencontre avec une femme de conviction, pour qui l’avenir se conjugue au présent.

Elle a annoncé sa retraite en juillet dernier à l’antenne de France Culture. En faisant le point sur sa carrière, Aline Pailler se définit comme une « journaliste engagée ». « Cela peut paraître un oxymore car on attend de nous une objectivité. Mais j’ai toujours assumé mes idées, que ce soit mon soutien aux zapatistes ou mon engagement féministe. Un être humain n’est jamais neutre », déclare-t-elle. Très tôt, l’expérience de l’injustice réveille en elle des velléités militantes : « Mon père est ariégeois et ma mère est espagnole. Ils ne pouvaient pas s’occuper de moi, j’ai donc été placée très jeune dans une famille d’accueil à la campagne près de Toulouse. Mon enfance est heureuse mais mouvementée, je ressentais toujours une sorte de révolte au fond de moi.
À l’école primaire, par exemple, en pleine guerre d’Algérie, j’ai été convoquée par la directrice parce que j’avais coché la nationalité arabe sur la fiche de renseignements. Je suis née à Casablanca c’était donc normal pour moi ! La directrice a soutenu que j’étais française et m’a demandé de corriger. J’ai refusé en lui expliquant que je refusais d’être colon »
, raconte Aline. Quand on évoque ses années passées à Radio France, elle décrit un parcours d’autodidacte : « Sur un coup de tête, je suis montée à Paris et j’ai pris rendez-vous avec le directeur de France Inter. Il ne me connaissait pas mais il a aimé mon audace. Je garde de superbes souvenirs de mes débuts, toute l’équipe était passionnée. On nous laissait assez d’espace pour créer ! Mon expérience à la télé était plus cadrée mais c’était aussi une belle aventure. » Au cours de son parcours médiatique, Aline Pailler donne la parole à ceux qui ne sont pas toujours écoutés, comme les personnalités féminines de Regards de femmes ou les habitants des banlieues dans Saga-Cités, deux émissions diffusées sur France 3. « On dit souvent que je suis une femme politique simplement parce que j’exploite mon métier pour véhiculer mes idées. Ça ne veut pas dire grand-chose ! La politique, c’est agir pour le collectif. Cela devrait être la norme. Nous vivons dans une société qui brime les êtres humains et nous transforme en machines productivistes. Il est temps de libérer les imaginaires », soutient Aline. Pour la journaliste, cette libération passe beaucoup par la culture. Il y a encore quelques mois, elle animait Le temps buissonnier sur France Culture, une émission consacrée à la littérature et aux spectacles jeunesse. « J’ai découvert des auteurs, ainsi que le travail d’illustrateur que je trouve passionnant. L’accès à la culture dès le plus jeune âge, c’est un bon moyen d’aider les générations futures à penser le monde. » C’est dans les livres qu’elle-même a trouvé une échappatoire alors qu’elle était adolescente : « J’étais en pleine crise existentielle lorsque j’ai rencontré Serge Pey. À l’époque, il était pion dans notre collège. C’est lui qui m’a fait découvrir la poésie et le théâtre, et qui m’a montré à quel point c’était salvateur. Aujourd’hui je ne peux pas vivre sans livres. Je lis surtout des essais et de la poésie, de la psychanalyse et parfois des romans. » Aline est d’ailleurs ravie d’être à la retraite pour revenir sur ses grands classiques : iEn attendant de s’envoler vers les côtes sauvages du nord de l’Espagne, elle poursuit son parcours de militante, notamment pour la défense des langues maternelles. Durant l’initiative qu’elle animera à la Maison de la citoyenneté, elle traitera des questions d’uniformisation linguistique, du complexe de l’accent en France et d’intégration. À La Courneuve, voilà un débat qui fait sens. Rendez-vous le 14 février à 18h30 pour un échange ouvert à tous !

• Célia Houdremont