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REGARDS Le journal de La Courneuve l N°491
du jeudi 8 mars au 21 mars 2018

ARRÊT SUR IMAGES

À MON AVIS

L'ÉVÉNEMENT DE LA QUINZAINE

DOSSIER

ACTUALITÉ

SPORT • CULTURE • LOISIRS

À VOTRE SERVICE

AGENDA

UN CERTAIN REGARD

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Bienvenue dans l’année du Chien

Dimanche 4 mars, la municipalité et les associations ont organisé un événement festif pour le Nouvel An chinois. Défilé du dragon, calligraphie, dégustations et exposition ont fait de ce moment un après-midi chaleureux… malgré la pluie !

La nouvelle rue se profile

La future rue des usines Babcock se construit pas à pas. Ces halles retenues dans le projet « Inventons la Métropole et le Grand Paris » seront desservies par cette nouvelle voie, inaugurée le 2 juin prochain.

Stop à la violence

Le 7 mars, Meriem Derkaoui, maire d’Aubervilliers, et Gilles Poux, maire de La Courneuve, étaient devant le lycée Jacques-Brel afin de sensibiliser les jeunes suite aux violences à répétition entre lycéens des deux villes. Le 9 mars, ils seront à Aubervilliers.

600  sans-abri

ont été pris en charge pendant le Plan grand froid. Durant seize nuits, les bénévoles, le Secours populaire français, la Fédération française de secourisme et les services municipaux ont œuvré aux côtés des plus démunis pour leur offrir une boisson chaude, un lit pour la nuit ou simplement un moment convivial et chaleureux. La municipalité les a remerciés le 6 mars

Carnaval des petits

Dans le cadre de « Ville-monde », le Relais assistants maternels (RAM), le lieu d’accueil parents-enfants (Lape) et la crèche familiale ont organisé un carnaval de la petite enfance à la Maison pour tous Youri-Gagarine.

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L’égalité femmes-hommes, on y gagne toutes et tous !
"Le 8 mars, nous célébrons la Journée internationale des droits des femmes. Comme chaque année, la ville et les associations organisent des rencontres pour agir, réfléchir ensemble et porter ce combat émancipateur.
Ces derniers mois, nous avons vécu un de ces moments où l’histoire s’accélère avec les paroles libérées à la suite de l’affaire Weinstein.
Oui, des femmes courageuses ont osé dénoncer leurs agresseurs. Cela a pris une telle force que les justifications habituelles de ces messieurs n’ont plus eu d’échos. Du coup, ce mouvement se répand, révélant au grand jour l’ampleur de cette oppression, de cette violence d’un genre sur l’autre.

« Oui, des femmes courageuses ont osé dénoncer leurs agresseurs ! »
Ici à La Courneuve, nous serons de ce mouvement, avec un débat sur le harcèlement à la Maison de la citoyenneté le 9 mars. Nous y serons d’autant plus naturellement que ces événements permettent de mettre en lumière l’engagement des services municipaux et des acteurs associatifs.
Cela passe, par exemple, par des dispositifs d’aide aux Courneuviennes victimes de violences, mais aussi par des initiatives, comme le Comité de promotion des droits des femmes qui réunit des associations, des professionnelles et des habitantes. Ce combat nous concerne toutes et tous car l’égalité entre les femmes et les hommes porte la société en avant. Quand la moitié de l’humanité peut mieux s’épanouir, c’est toute l’humanité qui avance.
Oui, en nous unissant, nous pouvons en finir avec le sexisme ! "

Gilles Poux, maire

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BANQUET DES SENIORS
« Le rire aux lèvres et les yeux dans les yeux »*

Les 22 et 23 février, la Ville a offert son traditionnel repas à 810 seniors courneuviens. Entre deux pas de danse, certains ont raconté à Regards leur arrivée à La Courneuve. Des parcours de vie à l’image de notre ville-monde.

Du Gabon à la France
Monique

"Originaire du Gabon, je l’ai quitté pour la France en 1982. Je suis attachée à mon pays de naissance mais aujourd’hui, je me sens davantage française qu’africaine, même si je ne maîtrise pas très bien la langue. Vous imaginez, j’ai élevé mes cinq enfants à
La Courneuve, ils sont français ! Trois d’entre eux vivent encore à La Courneuve d’ailleurs. J’ai travaillé en tant que technicienne de surface pendant trente-huit ans, ça m’a beaucoup usée. Je peux maintenant me reposer, profiter des voisins et des enfants. C’est peut-être dur à croire mais j’aime l’idée de vieillir ici."

Du Cambodge à Paris
Paul et Céline

"Nous sommes venus du Cambodge jusqu’en France pour fuir le régime des Khmers rouges, en 1980. Nous nous sommes installés près de Lyon, dans un tout petit village de mille habitants, Miribel. Paul travaillait pour La Sade et j’étais couturière à domicile, puis j’ai été dans la restauration. Le maire nous protégeait et souhaitait nous retenir mais nous avons dû partir pour le travail. Nous sommes donc arrivés au Blanc-Mesnil puis à La Courneuve. C’est ici que nous avons trouvé les écoles pour les enfants et les transports en commun pour nous. Depuis notre retraite, nous fréquentons le club Cachin et la Maison Marcel-Paul, nous participons aux activités et aux sorties, avec plaisir."

De mère en fille
Suzanne et Danielle

"Montluçonnaises de naissance, ma mère et moi sommes arrivées à Aubervilliers en 62 avant de prendre racine à La Courneuve en 93. J’étais secrétaire à l’usine Rhône-Poulenc, tout comme ma mère : c’est une affaire de famille ! J’aime beaucoup cette ville, j’y ai acheté une maison et j’y ai tous mes amis. Contrairement à ce que les gens peuvent penser, il y a énormément de choses bien ici, comme toutes les nouvelles infrastructures, les constructions mais surtout les gens. C’est un endroit chaleureux où on est encouragé à faire des rencontres. J’ai perdu mes enfants beaucoup trop tôt et les lieux de rencontre comme l’association l’APAJH m’ont bien aidée."

De la Guadeloupe à la métropole
Rosalie

"Je me suis d’abord installée au Blanc-Mesnil pour suivre l’entreprise dans laquelle je travaillais. Je passais donc souvent en transports devant La Courneuve. J’ai choisi finalement de m’y installer. À 15 ans, quand je suis arrivée de Guadeloupe dans la métropole, j’avais le complexe de ma peau. Mais un complexe peut être surmonté par la culture. J’ai rencontré des gens extraordinaires qui m’ont aidée à le dépasser, à élever le débat à chaque fois. « Je vous apprécie pour votre sens de la justice, votre intelligence, votre honnêteté, votre éthique », voilà ce qu’on doit se dire entre êtres humains. Malheureusement, je trouve que le racisme est plus violent aujourd’hui qu’à l’époque. Mais, comme l’a dit Martin Luther King, « j’ai un rêve », celui de voir cette ville et ce monde s’élever, et sortir de cela."

Du Portugal à la pétanque
José

"Je suis portugais-brésilien. Je suis né au Portugal, d’un père brésilien. Nous avons émigré en France en 1941 pour fuir le régime autoritaire. Mes oncles ont choisi Macao, le Venezuela ou le Maroc. Les Portugais sont voyageurs de nature ! Mes parents nous ont fait naturaliser français en 1945. J’ai donc participé à la guerre d’Algérie. C’est une triste période. Beaucoup d’amis sont restés là-bas. J’ai eu de la chance d’en revenir. Mais cela représente trente mois de jeunesse foutus. Ici, à La Courneuve, je travaillais dans l’aérospatiale, comme contremaître puis chef d’équipe. J’ai élevé trois enfants, un garçon et deux filles. J’ai travaillé dur pour eux, pas pour moi. J’ai pris ma retraite en 1995. J’apprenais aux enfants de l’école Paul-Doumer à jouer à la pétanque et puis j’ai eu envie de créer un club. Depuis dix-huit ans, je suis responsable de l’Amicale bouliste courneuvienne."

De leur première maison au banquet des seniors
Michel et Renée

"Voilà trente-six ans que ma femme et moi vivons à La Courneuve. Je suis berrichon de naissance et Renée est bretonne. Nous avons acheté notre première maison ici, c’est là que nous avons élevé nos enfants. Ma femme était chargée du contrôle chez Citroën et moi, j’étais capitaine de police. J’ai connu tous les vieux commissariats, que ce soit celui d’Aubervilliers, celui de La Courneuve ou de Dugny. Nous avons tous les deux beaucoup travaillé ; aujourd’hui, c’est agréable de profiter de moments conviviaux comme celui-ci. C’est la première fois que nous venons au banquet des seniors et ça ne sera pas la dernière. Cela permet de sympathiser avec ses voisins à qui on ne parle pas toujours."

DOSSIER Haut de page

Embellir votre cadre de vie

Lors des comités de voisinage ou des visites de quartier, de nombreux habitants se plaignent de l’état de La Courneuve. Rats, dépôts sauvages, stationnement anarchique, problème d’éclairage… Mais que fait la Ville ?

La municipalité a pris le problème à bras-le-corps. Depuis deux ans, elle a mis en place une Mission quotidienneté et développement durable. Son but ? Régler aussi rapidement que possible les soucis de propreté et de sécurité rencontrés dans les rues de La Courneuve. L’instance se réunit tous les quinze jours. Elle se compose de sa responsable, de l’élu délégué à la tranquillité publique et à la quotidienneté, Rachid Maïza, de représentants du service Hygiène et Santé, de la police municipale et du service Prévention-Sécurité, de médiateurs, des services Bâtiments, Cadre de vie de Plaine Commune, de la démocratie participative, de l’Unité territoriale de rénovation urbaine (UTRU). En d’autres termes, cette mission réunit tous les acteurs susceptibles d’avoir relevé des dysfonctionnements ou en mesure de les corriger. Cela peut concerner les véhicules-épaves, la mécanique à ciel ouvert, les squats, les nuisances sonores, une armoire électrique cassée, du mobilier urbain détérioré, etc. C’est un travail partenarial. « Fin 2017, dans le but de contribuer à rendre la ville plus jolie, plus accueillante et confortable, la Mission quotidienneté a été renforcée. L’instance de coordination permanente centralise, gère, suit les demandes et les signalements », souligne Alice Normand, responsable de la mission.
Rachid Maïza, adjoint au maire délégué à la quotidienneté, rappelle que « M. le Maire a créé cette délégation lors du précédent mandat. Il semblait important de fonder cette mission transversale où les différents services concernés analysent les signalements et les résolvent rapidement. Depuis le renforcement de l’instance de coordination permanente, un gros travail d’enlèvement des épaves est en marche, par exemple. »

Une action sur la durée

C’est une tâche de longue haleine, qui n’est pas forcément visible immédiatement pour les habitants. Mais rassurez-vous : la Ville et ses partenaires travaillent d’arrache-pied. Actuellement, la Mission quotidienneté axe sa réflexion sur la gestion des nuisibles qui « pourrissent » la vie des Courneuviens. La Ville s’associe avec Plaine Commune et les bailleurs pour des opérations de dératisation. Concernant la propreté des rues, des grandes lessives sont prévues tous les quinze jours. La prochaine aura lieu en mars dans le secteur Braque. Les personnels des services Cadre de vie et Prévention-Sécurité seront sur le terrain.
En plus des demandes courantes, l’instance a identifié sept secteurs dits « problématiques », qui nécessitent une action sur la durée. De gros problèmes de propreté, de sécurité, de tapage ou de stationnement ont été observés dans la zone Mermoz, à la tour Entrepose aux Six-Routes, au centre commercial La Tour, dans les secteurs Braque-Debussy-Valmy et Gare-Zola, qui présente en plus une zone de commerces non réglementaire, le secteur Chevalier de la barre Convention et le marché des Quatre-Routes. Pour ce dernier se pose la question de remettre ou non des sanisettes, afin d’éviter les odeurs d’urine dans la rue, comme derrière l’ancien Super U. La réflexion sur la mise en place de toilettes sèches publiques est en cours. La Mission quotidienneté a été créée justement pour une meilleure efficience et rendre davantage visible l’action publique.

• Isabelle Meurisse

Incivilité
À vous de vous prendre en main !

Si tout le monde jetait ses chewing-gums, papiers, mégots, emballages alimentaires dans les corbeilles prévues à cet effet, la ville resterait plus propre entre chaque passage des nettoyeuses déployées par Plaine Commune. Pour les envies pressantes, n’oubliez pas qu’il existe un lieu tout à fait adapté pour les satisfaire : les toilettes ! Faire ses besoins sur la voie publique ne se fait pas. Quant aux crottes de chiens qui permettent, certes, de faire un peu de slalom sur les trottoirs, mais  qui les rendent immondes, ayez le réflexe de les ramasser ! Il existe à La Courneuve sept distributeurs de sachets pour les déjections canines (angle des rues Paul-Doumer et rue des écoles, place Voltaire, angle des rues Garibaldi et rue du Président-Wilson, passage Marjolaine, angle des rues Claude-Bernard et Pierre-Curie, angle des rues Pierre-Curie et allée du Sud, et cité Albert 1er). La municipalité et Plaine Commune font un travail remarquable en matière de nettoyage des rues. Plusieurs voies sont programmées dans l’agenda du lundi au vendredi en fonction des nécessités. La priorité étant mise aux abords des écoles et des places principales (Gare, 8-Mai-45…). Certaines rues sont nettoyées deux fois par jour et d’autres une, deux, trois ou quatre fois par semaine selon les besoins. Malgré tous ces efforts, rappelons qu’il est impossible de mettre un agent derrière chaque habitant. Le 21 mars, à 15h, les membres du comité de voisinage Quatre-Routes/Anatole-France organisent une opération « nettoyage de l’espace public » autour du rond-point des Quatre-Routes jusqu’au square Jean-Jaurès. à vous de jouer !

570 c’est le nombre de corbeilles réparties dans la ville. Un véhicule les collecte du lundi au samedi, de 6h à 13h.
Poids moyen/mois : 17 400 tonnes de déchets.

ALLO AGGLO :
C’est un service gratuit de Plaine Commune mis en place pour toutes vos demandes d’informations, vos démarches et vos signalements en matière de propreté et d’espace public. Vous pouvez appeler le 0 800 074 904, numéro gratuit, joignable du lundi au vendredi de 8h30 à 12h et de 13h à 17h15, et le samedi de 8h30 à 12h30. La plateforme Allo Agglo est également accessible depuis le site Internet de Plaine Commune et de l’application plainecommune avec géolocalisation possible.

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Rassemblement populaire
Les leçons de la Commune

La Commune fête son 147e anniversaire. L’occasion pour La Courneuve et vingt autres municipalités de réaffirmer le pacte social et de défendre les services publics. Tous à la République le 18 mars !

En janvier 1871, la France est humiliée face à la Prusse suite à une guerre de plusieurs mois. La population a du mal à accepter la défaite et se remet difficilement d’une longue période de famine. Dans un climat d’exaspération, les classes populaires s’organisent. Le gouvernement, craignant une insurrection populaire, se réfugie à Versailles et envoie des troupes récupérer les canons sur la butte Montmartre le 18 mars 1871. Pour le peuple, c’en est trop : les soldats de la Garde nationale s’allient aux Parisiens, c’est le début de l’insurrection. Durant les premiers jours, les Parisiens élisent un conseil de la Commune mêlant ouvriers, intellectuels et politiques. Au programme : la mise en place d’une protection de l’enfance, la séparation de l’église et de l’état, l’instruction laïque gratuite, l’interdiction du travail de nuit… autant de mesures modernes qui visent à « l’émancipation du travailleur par le travailleur lui-même ». La Commune a également marqué une étape décisive dans l’émancipation des femmes avec la formation de l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. C’est l’une des premières organisations féminines de masse. à travers elle, des femmes comme Louise Michel, Nathalie Le Mel ou Elisabeth Dmitrieff organisent la défense de Paris tout en revendiquant leurs droits, comme le droit au travail et l’égalité des salaires. Deux mois après sa proclamation, la Commune est écrasée par les Versaillais lors de la Semaine sanglante. Entre 25 et 30 000 communards sont exécutés, mais le souvenir de la Commune reste, comme un modèle de souveraineté populaire.

Vive les communes

En mémoire de cet événement, le 18 mars est l’occasion pour les communes de se réunir. Il s’agit pour elles de réaffirmer et revendiquer leur autonomie, contre l’affaiblissement des baisses de dotations. C’est pourquoi la Ville de La Courneuve participera au rassemblement prévu place de la République, pour défendre la Commune aux côtés de vingt municipalités. élu(e)s, habitant(e)s sont invités à partager un moment festif et convivial autour d’un repas partagé. Rendez-vous le dimanche 18 mars à partir de 12h pour célébrer cet héritage social, politique et démocratique !

• Célia Houdremont
Des cars pour Paris partiront de La Courneuve à 11h30, gare RER ou métro 8-Mai-1945.

La Courneuve rend hommage aux femmes de la Commune
Place de la République, retrouvez le stand de La Courneuve et participez à un quiz géant qui mettra à l’honneur les femmes qui ont marqué la Commune. En prime, Vanessa Vérillon présentera ses affiches en l’honneur de la Journée internationale pour les droits des femmes et organisera une séance de dédicace.

Petite enfance
Un nouveau mode d’accueil pour les tout-petits

En juillet sera inaugurée Beewell-mam, la première Maison d’assistants maternels à La Courneuve. Chahera, Fatima, Florence et Nora ont porté ce projet à bout de bras pendant deux ans.

Depuis 2010, les assistant(e)s maternel(le)s ont la possibilité de se regrouper au sein des Maisons d’assistants maternels et d’exercer leur métier dans un même local. Face à des places en crèches de plus en plus rares, cette alternative séduit. Pour répondre au mieux à ce besoin, les assistantes maternelles de Beewell-mam ont aménagé une vraie maison d’accueil : « Le local, situé place Georges-Braque, est encore en travaux. Tout devrait être terminé en juillet. Au total, nous avons une surface de 125 m2 avec une zone dortoir, une grande salle de vie, une pièce repas et un jardin. Tout a été mis aux normes de sécurité. Nous pouvons accueillir jusqu’à seize enfants de 1 mois et demi à 4 ans, dont au moins un en situation de handicap », déclare Chahera. L’objectif des jeunes femmes est d’en faire un lieu axé sur le jeu libre et les activités artistiques. Pour Nora, tout doit être mis en place pour favoriser l’éveil de l’enfant : « Nous voulons créer un endroit chaleureux. Pour ça, nous nous inspirons beaucoup de la méthode Montessori qui repose sur l’éducation sensorielle. Cela passe par les arts plastiques, les jeux en groupe mais aussi la cuisine. Chez nous, tous les enfants mangeront bio car le bien-manger, ça s’apprend dès le plus jeune âge », soutient-elle. Avec un tel programme, les jeunes femmes ne manquent pas de sollicitations de parents ! Avant même l’ouverture de leur local, elles ont mis en place un système de préinscription sur leur page Facebook. « Beaucoup de parents recherchent des structures plus familiales. Ici, l’enfant fait l’expérience de la collectivité tout en bénéficiant d’un accompagnement individuel. à côté, cela permet aux assistantes maternelles de sortir de l’isolement. C’est sûrement pour ça que la municipalité et le département nous ont beaucoup soutenues », assure Florence. Espace de socialisation et d’expérimentation, Beewell-mam donne à ces quatre assistantes maternelles la possibilité de partager leurs compétences dans la joie et la bonne humeur. Rendez-vous en juillet place Georges-Braque pour l’inauguration !

• C. H.

Pour plus d’informations : https://www.facebook.com/Beewell-MAM

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Sport féminin
Passionnées jusqu’au bout des crampons

Avec 2,3 % de filles parmi les licenciés, le sport le plus populaire en France reste masculin.
Une situation à laquelle le club de la ville a opposé une démarche volontariste, qui porte ses fruits : les effectifs du foot féminin ont été multipliés par cinq en deux ans.

Sur vingt-cinq, on est arrivées quatrièmes ! À une place près, on partait en Russie ! », s’enthousiasme Inès Belbbes, 14 ans. Pourtant elle a rapporté une cheville plâtrée de l’Europa City Cup 2018, le 17 février à Roissy. « Pas grave… » Car elle et ses copines ont frôlé l’exploit dans ce tournoi parrainé par Moussa Sissoko. Une compétition de football à cinq indoor à l’issue de laquelle les trois meilleures équipes pouvaient partir en Russie assister aux matchs de l’équipe de France en Coupe du monde.
Chez Inès, la passion l’emporte sur les bobos. Et lorsqu’elles parlent foot avec Regards, Inès et sa copine et équipière Sabrina Bouyahmod, 15 ans, ont la langue bien pendue. À 11 ans, les deux petites Nouhaila Ichaoui et Chahinez Benbihi, qui accompagnent leurs aînées, sont plus timides. Mais elles ont les mêmes yeux qui pétillent dès qu’il est question de ballon rond. Les quatre sont représentatives de l’Association sportive courneuvienne (ASC). « Qui, raconte le président du club Michaël Nainan, a depuis deux ans une démarche volontariste de développement de la pratique sportive féminine. On est passés d’une dizaine de filles l’an dernier à une cinquantaine cette année, avec trois équipes supplémentaires ! » Pas si simple pourtant, car la pratique du premier sport en France en nombre de licenciés demeure essentiellement masculine. Ce décalage est palpable chez les joueuses de l’ASC. « De base on vient du foot de rue, explique Sabrina. On aimait y jouer avec les garçons, nos frères, nos cousins… » L’effort de féminisation, l’ASC va le poursuivre. D’autant qu’il vient d’obtenir une reconnaissance décernée par la Fédération française de football (FFF) : le label « école féminine de football (niveau bronze) » pour deux saisons.

Des actions originales
L’AS courneuvienne en profite pour mettre en place plusieurs actions. Le 11 avril à Marville, le club organise, en partenariat avec l’Union nationale du sport scolaire (UNSS) du 93, la Journée pour Elles. Toutes les jeunes licenciées à l’UNSS du département sont invitées à un après-midi découverte. « Ce sont les filles licenciées du club – les plus grandes –, qui encadreront les ateliers, sous le contrôle des cadres techniques du club. On proposera aussi un atelier autour d’une pratique handisport football », explique Michaël Nainan. Celui-ci espère que les participantes courneuviennes seront plus nombreuses que l’an dernier : « On avait eu soixante filles de tout le département, mais zéro de La Courneuve ! Enfin, c’était la première édition… » Le club instaure aussi, à l’école Baker, les « midis défis », sur le temps de la cantine. Des séances de 40 minutes pour les filles, avant le déjeuner. « On veut s’ouvrir sur une ou deux écoles en plus dans les prochaines semaines, raconte le président. Et puis on s’investit dans FillOFoot, une opération de la FFF qui, dans chaque département, organise une journée par mois où toutes les filles se rencontrent pour jouer ensemble. » Pour la Semaine du foot féminin, dont la date n’est pas encore fixée, le club fait preuve d’originalité : « On proposera des portes ouvertes, des sensibilisations en direction des mamans, des sœurs, des tantes… Pour qu’elles aussi puissent s’impliquer dans le club en tant que dirigeantes ou éducatrices ! » « Ils ont ouvert une section féminine à La Courneuve. Au début, on ne voulait pas s’inscrire. Mais après, on a dit “pourquoi pas ?” », nous a expliqué Sabrina. Eh bien oui, au fait, pourquoi pas ? Puisque, à La Courneuve, contrairement à d’autres villes, il y a un club pour ça. « Faut pas avoir peur », conclut Inès.

• Philippe Caro

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État civil

Naissances

Naissances février:
• 6 Ahmed Nouaili • 7 Jack Chen • 8 Yassin Ed-Dayany • 9 Maïssa Belaid • 9 Maïssa Belaid Nayah Seymour Mze • 9 Farha Khan • 11 Amir Kallech • 12 Samy Choubane • 13 Maïssa Belaid Bilal Bouhlel • 14 Lyah Nyama Berger

Mariages :
• M. Husnu Atac et Mme. Hafida Boutlelis

Numéros utiles

PHARMACIES DE GARDE
•  consulter monpharmacien-idf.fr

URGENCES
Pompiers : 18 • Police-secours : 17 • SAMU : 15

COMMISSARIAT DE POLICE
• Place Pommier-de-Bois
Tél. : 01 43 11 77 30

MÉDECINS DE GARDE
Urgences 93 • Tél. : 01 48 32 15 15

CENTRE ANTI-POISON
• Hôpital Fernand-Widal
200, rue du Faubourg Saint-Denis, Paris
Tél. : 01 40 05 48 48

COLLECTE DES DÉCHETS
Tél. : 0 800 074 904 (gratuit depuis un fixe).

ACCOMPAGNEMENT ET TRANSPORT DES PERSONNES AGÉES
Tél. : 01 71 89 66 15. Les mardis et vendredis.

MAIRIE Tél. : 01 49 92 60 00

PLAINE COMMUNE
• 21, avenue Jules-Rimet, 93218 Saint-Denis. Tél. : 01 55 93 55 55

Permanences des élus

• M. le maire, Gilles Poux, reçoit sur rendez-vous. Pour obtenir une entrevue, vous pouvez lui adresser un courrier à l’hôtel de ville ou lui écrire à l’adresse suivante : maire@ville-la-courneuve.fr
Pour obtenir un rendez-vous avec les élus, un formulaire à remplir est disponible à l’accueil de la mairie.

• Mme la députée, Marie-George Buffet reçoit le deuxième lundi du mois sur rendez-vous.
Tél. : 01 42 35 71 97

• M. le président du Conseil départemental, Stéphane Troussel reçoit chaque vendredi de 14h à 17h. Pour prendre rendez-vous, écrivez à l’adresse suivante : stephane.troussel@ville-la-courneuve.fr

Permanences des élus sans rendez-vous

Les permanences des élus de la municipalité ont repris à l’hôtel de ville, chaque mercredi et chaque jeudi de 16h à 18h, sans rendez-vous (inscription sur place avant et le jour même). Pas de permanence pendant les vacances scolaires.

Permanences de l'adil

Permanences d’information/conseil auprès des propriétaires et des locataires des logements privés (copropriété, contrat de location, charges impayées…). Consultation gratuite.
Centre administratif Mécano, 3, mail de l’Égalité.
RDV avec l’ADIL les deuxième et quatrième jeudis matin du mois, de 8h30 à 12h.
Contacter l’UT Habitat de La Courneuve.
Tél. : 01 71 86 37 71

Horaires des médiathèques

• Médiathèque Aimé-Césaire :
mardi et jeudi de 15h à 19h30, mercredi, vendredi et samedi de 10h à 18h.

• Médiathèque John-Lennon :
mardi de 13h à 19h, mercredi de 10h à 12h et de 14h à 18h, jeudi et vendredi de 15h à 18h et samedi de 10h à 18h.

• Bibliobus :
le mercredi après-midi devant l’école Paul-Doumer.

Grand Paris Express

La société du Grand Paris vient d’attribuer le premier des trois marchés de génie civil des lignes 14 nord, 16 et 17 sud à un groupement d’entreprises piloté par Eiffage Génie civil. Ce marché inclut la construction de la plus grande gare du Grand Paris Express, Saint-Denis Pleyel, qui accueillera chaque jour 250 000 voyageurs. Au total, cela comprend 29 kilomètres de métro automatique avec la desserte de 16 communes dans trois départements d’île-de-France.
La mise en service de ces tronçons est prévue pour les JO 2024.
Un agent de proximité assure une permanence les lundi et vendredis de 10h à 12h, à l’espace projets de la Maison de la citoyenneté. Il répondra à toutes vos questions concernant la gare de La Courneuve.

Appel à témoins

MAI 68

1968-2018
À l’occasion du cinquantième anniversaire de mai 68, la ville de La Courneuve recherche des témoignages de Courneuvien.ne.s sur les événements de 68. Si vous avez des photographies, des souvenirs ou des anecdotes, laissez-nous vos coordonnées sur regards@ville-la-courneuve.fr

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À l'étoile

 

Tous les films du 8 au 21 mars
1, allée du Progrès - Tramway Hôtel-de-ville. Tél. : 01 49 92 61 95

D Soirée découverte, tarif unique : 3 e
J Film Jeune public
Prix : Tarif plein : 6 e / tarif réduit : 5 e / 
abonné adulte : 4 e / abonné jeune, groupes, associations : 2,50 e
Séance 3D : +1 e. Tarif moins de 18 ans : 4 e

(Film Jeune public) Rosa et Dara – Leur Fabuleux Voyage
France, 2018, 40 min. De Natalia Chernysheva et Katerina Karkhankova.
Sam. 10 à 15h, dim. 11 à 15h.

(Film Jeune public) Le Labyrinthe : Le Remède mortel
États-Unis, 2017, VF, 2h22. De Wes Ball.
Ven. 9 à 18h, sam. 10 à 18h, lun. 12 à 18h.

Le Retour du héros
France, 2018, 1h30. De Laurent Tirard.
Ven. 9 à 16h30, sam. 10 à 20h30, dim. 11 à 19h30, mar. 13 à 20h.

Seule sur la plage la nuit
Corée du Sud, 2017, VO, 1h41. De Hong Sang-soo.
Ven. 9 à 12h (Soirée découverte), sam. 10 à 16h, lun. 12
à 20h30 (Soirée découverte), mar. 13 à 18h.

America
France, 2018, 1h22. De Claus Drexel.
Ven. 9 à 20h30 (Soirée découverte) en avant-première. Rencontre avec le réalisateur.

L’Armée des ombres
France/Italie, 1969, 2h20. De Jean-Pierre Melville.
Dim. 11 à 16h (Soirée découverte). Rencontre avec Claude Mann.

(Film Jeune public) L’étrange Forêt de Bert et Joséphine
République tchèque, 2018, VF, 45 min. De Filip Pošivac, Barbora Valecká.
Mer. 14 à 15h, sam. 17 à 15h, dim. 18 à 15h.

(Film Jeune public) Black Panther
États-Unis, 2017, VO/VF, 2h14. De Ryan Coogler.
Mer. 14 à 16h VF, ven. 16 à 18h30 VO, sam. 17 à 16h VF, lun. 19 à 18h VF.

Jusqu’à la garde
France, 2018, 1h33. De Xavier Legrand.
Ven. 16 à 12h (Soirée découverte), sam. 17 à 18h30, dim. 18 à 16h, lun. 19 à 20h30 (Soirée découverte), mar. 20 à 18h.

Phantom Thread
États-Unis, 2018, VO, 2h11. De Paul Thomas Anderson.
Mer. 14 à 18h30, ven. 16 à 16h15, sam. 17 à 20h, dim. 18 à 18h, mar. 20 à 20h.

La Décima : La Genèse
France, 2018, 45 min. De FAR-K prod.
Ven. 16 à 21h. Entrée libre

(Film Jeune public) Mary et la fleur de la sorcière
Japon, 2017, VF, 1h42. De Hiromasa Yonebayashi.
Mer. 21 à 14h.

L’Apparition
France, 2018, 2h17. De Xavier Giannoli.
Mer. 21 à 16h.

L’Ordre des choses
Italie/France/Tunisie, 2018, VO, 1h30. D’Andrea Segre.
Mer. 21 à 18h30.

Agenda

10 mars
RECOMPENSE Balcons fleuris

Les lauréats du concours des balcons
et maisons fleuris reçoivent leur prix.
Salle des fêtes de l’Hôtel de ville, à 14h.

Du 12 au 17 mars
ÉVÉNEMENT Grande Semaine de la petite enfance

Six jours d’animations, de rencontres, de partage et de réflexion pour toutes les familles des quartiers nord.
Informations et inscriptions à la Maison pour tous Cesariá-évora.

13 mars
CONFÉRENCE La place des devoirs
Dans le cadre de l’école ou en dehors de l’école ? Le sociologue Patrick Rayou vient nous en parler.
Auditorium de la médiathèque Aimé-Césaire,
de 18h30 à 20h. Lire page 16

13 et 29 mars
Concertation au sujet du futur quartier de la mairie

La municipalité a lancé une étude urbaine sur le devenir du site KDI. Les habitants sont invités à échanger sur les enjeux liés aux espaces publics et à l’architecture.
Maison de la citoyenneté, à 18h30.

14 mars
SANTÉ Vaccinations gratuites

Séances ouvertes aux enfants à partir de 6 ans et aux adultes.
Centre municipal de santé, salle de PMI au 1er étage, de 13h30 à 15h30.

15 et 21 mars
ATELIERS La Courneuve ville éducative

« L’école et les familles ». école maternelle Robespierre, 15 mars à 18h.
« La santé ». Centre municipal de santé, 15 mars à 18h.
« Les différents temps de l’enfant et de la jeunesse ». Maison de la citoyenneté, 21 mars à 18h.

18 mars
MOBILISATION rassemblement pour défendre la Commune

La Ville de La Courneuve participera au rassemblement pour défendre la Commune aux côtés de vingt municipalités.
Place de la République à Paris, à 12h.

19 mars
SENIORS Atelier « Prévention des chutes »

Maison Marcel-Paul de 9h à 10h15 et de 10h30 à 11h45. Renseignements au 01 49 92 60 63 ou 01 43 11 80 62.

CÉRÉMONIE fin de la guerre d’Algérie
Un hommage sera rendu aux victimes
de la guerre d’Algérie.
Cimetière communal des Six-Routes, à 11h.

21 mars
REPAS L’Afrique du Sud dans l’assiette

Dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, le café citoyen propose un repas d’Afrique du Sud, suivi d’un concert du groupe BCUC, qui se produira également en avril à Houdremont pour le festival Banlieues bleues.
Maison de la citoyenneté, à 12h.
Inscription avant le 15 mars pour le repas à cafe.citoyen@ville-la-courneuve.fr

JEUNESSE Forum jobs d’été
Venez trouver un emploi saisonnier pour la période estivale.
Hôtel de ville, de 14h à 18h.

Le 8 mars, pour l'égalité

Au cinéma l’ÉTOILE
Portraits de femmes d’ici ou d’ailleurs

• Rosa et Dara, six courts métrages
de Natalia Chernysheva et Katerina Karhankova.
Les 7, 10 et 11 mars à 15h.

• Seule sur la plage la nuit, film coréen
de Hong Sang-soo.
Le 9 mars à 12h, le 10 mars à 16h, le 12 mars à 20h30, le 13 mars à 18h.

• Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand.
Le 16 mars à 12h, le 17 mars à 18h30, le 18 mars à 16h, le 19 mars à 20h30, le 20 mars à 18h.

• Mary et la fleur de la sorcière, film japonais de Hiromasa Yonebayashi.
Les 21, 24 et 25 mars à 14h, le 23 mars à 18h30.

• Ladybird, film américain de Greta Gerwig.
Le 23 mars à 20h30, le 24 mars à 18h, le 25 mars à 18h30, le 27 mars à 20h.

• La Forme de l’eau, de Guillermo del Toro.
Les 28 mars, 1er et 2 avril, 18h, 30 mars à 20h, le 31 mars à 16h.

Dans les médiathèques
Projections

• Ouvrir la voix, d’Amandine Gay.
Le 9 mars, à 12h, Aimé-Césaire et 16 mars, à 9h, à la Maison pour tous Youri-Gagarine.

« L’égalité c’est en courts », quatre courts métrages. Le 21 mars, Aimé-Césaire, à 15h.

Spectacles

• Les Josettes noires. Une fanfare de filles.
Le 10 mars, à 17h, John-Lennon.

• Couette et Bonnet et les voyages de l’espace.
Un spectacle de la compagnie 3 mètres 33.
Le 14 mars, à 15h, Aimé-Césaire.

• LA 308e Nuit. Par la conteuse Florence Desnouveaux. Le 17 mars, à 16h, Aimé-Césaire.

• Lecture d’histoires autour de l’égalité hommes-femmes. Le 7 mars, à 15h, John-Lennon.

Ateliers
Badges, sacs, dépliants…

Et tout le programme des médiathèques de Plaine Commune.

Maison de la citoyenneté
Rencontre-débat : « Harcèlement : phénomène de société ? », avec Suzy Rojtman porte-parole du collectif national pour les droits des femmes.
Le 9 mars à 12h.

Maison pour tous youri-gagarine
Rencontre-débat : « La place des femmes
dans la cité », avec Martine Monvoisin, directrice de l’association culturelle Kialucera.
Le 10 mars à 14h.

OMS
Journée sports et beauté pour les femmes, au gymnase Béatrice Hess.
Le 11 mars de 10h à 17h.

Le lieu de rencontres pour les femmes
Buffet international.
Local situé au 6, place Georges-Braque.
Le 8 mars de 12h à 14h.

Afrika
Zumba géante.
Le 10 mars à 12h30, 1, mail de l’égalité.
Rencontre-débat
.
Avec Karima Bennoune.
Le 10 mars, à la médiathèque Aimé-Césaire.

Houdremont
F(l)ammes.
Théâtre d’émancipation.
Le 9 mars, à 20h30.

Salle Philippe-Roux
Brunch working
Débat « Gestion de la colère de nos enfants
et élèves », organisé par Orphanco.
Événement payant et sur inscription au 07 83 58 34 61.
Le 18 mars de 13h30 à 18h.

UN CERTAIN REGARD Haut de page

Patrick Rayou, professeur émérite
Une soif de savoir qui ne l’a jamais quitté

Professeur émérite à la retraite, Patrick Rayou a toujours aimé l’école. D’ailleurs, il ne l’a jamais vraiment quittée. Après de nombreuses années passées à enseigner les sciences sociales à l’université Paris-VIII de Saint-Denis, il s’interroge sur les inégalités sociales de réussite scolaire. Le 13 mars, il animera une conférence-débat à la Maison de la citoyenneté de La Courneuve sur le thème des devoirs. Rencontre avec un amoureux de l’enseignement qui souhaite que la réussite pour tous devienne une réalité.

Patrick nous accueille dans un salon rempli de livres. « La grande bibliothèque, c’est un peu cliché mais je n’ai pas mieux », s’amuse-t-il. Qu’à cela ne tienne, il cite Bourdieu et Passeron dès les premières minutes d’entretien. De nature introvertie, il lui est plus facile de parler de ses maîtres que de lui-même. Il finit cependant par se prendre au jeu.
« J’ai le parcours type d’un prof, rien de bien rocambolesque ! (Rires.) Après avoir enseigné la philosophie pendant vingt-cinq ans, je me suis lancé dans la recherche. J’ai passé plusieurs années à Nantes en tant que maître de conférences, puis à l’IUFM de Créteil où j’enseignais les sciences sociales. Enfin, je suis arrivé à Saint-Denis, mon écurie définitive, où j’ai enseigné les sciences de l’éducation. Aujourd’hui, je continue de travailler en tant que chercheur sans les contraintes administratives. C’est l’avantage d’être à la retraite », se réjouit-il.
Si pour beaucoup l’école est vécue comme une contrainte, Patrick s’est toujours senti en classe comme un poisson dans l’eau. Il raconte : « J’étais très bon élève, j’adorais étudier, tel un pur produit de la méritocratie asservie. (Rires.) Je suis issu d’un milieu très modeste et l’école a été une bénédiction pour moi. Elle m’a ouvert à des mondes auxquels je n’aurais jamais accédé. Il faut dire que ma mère m’a transmis une grande foi en l’institution, et avec la foi on bouffe des montagnes ! » Malgré cette soif de savoir qui ne l’a jamais quitté, il a bien conscience qu’apprendre n’est pas une partie de plaisir pour tout le monde. C’est à partir de ce constat qu’il commence à s’intéresser aux sciences de l’éducation : « Une grande partie de l’apprentissage repose sur ce qu’il se passe en dehors de la classe. L’idéal de l’école républicaine et de l’égalité des chances a ses limites. Il est évident qu’un enfant de professeur nourri aux musées et aux débats à n’en plus finir a beaucoup plus de chance de réussir sa scolarité qu’un enfant dont les parents sont analphabètes ! Une fois cette donne acceptée, c’est à nous autres, membres du corps enseignant, de revoir notre façon de faire. »
Au cœur de sa réflexion, les devoirs ! Plus l’élève grandit, plus il y en a, et plus leur impact est capital. Pour le professeur, cette pratique ne fait qu’accentuer les inégalités. « Je me suis intéressé aux devoirs en tant que parent plus qu’en tant qu’enseignant. Les professeurs donnent des devoirs mais ils ne découvrent l’envers du décor qu’une fois qu’ils ont des enfants. Un travail maison supposé prendre trente minutes peut demander une à deux heures, même si toute la famille s’y met. Et cela débouche souvent sur des crises de colère ! Les parents qui peuvent aider leurs enfants s’en tirent, mais ceux qui n’ont pas le patrimoine nécessaire sont doublement humiliés ! Vous imaginez une mère qui ne comprend pas le devoir de son fils de cinquième ? Non seulement elle perd la face, mais son fils sera pénalisé par rapport à ses camarades. » Pour pallier cette fracture sociale, Patrick anime des ateliers d’accompagnement scolaire dans les quartiers défavorisés : « Mon travail, c’est faire en sorte que l’école s’adresse à tous. Avec des collègues, nous avons organisé des opérations “classes ouvertes” dans l’Essonne. Il s’agit de favoriser le dialogue élèves-professeurs-parents pour mettre davantage de cohérence dans l’enseignement. Nous devons redéfinir le rôle du professeur, mais aussi ses conditions de travail. Il ne peut y avoir de réussite dans une classe à trente ou quarante ! C’est aussi à l’état de nous soutenir sur ce point », affirme-t-il.
En attendant une réforme de l’enseignement, Patrick est ravi d’avoir plus de temps pour s’investir dans des projets concrets.
Lors de son intervention à la Maison de la citoyenneté il aimerait engager une réflexion collective qui débouche sur une école plus inclusive.

• Célia Houdremont