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SORTIR N°16 Le supplément mensuel du journal "Regards"
Du 5 au 18 octobre 2017

Toujours en partage Haut de page

Monument en partage, qui accompagne le chantier de construction de l’Îlot-du-Marché, poursuit son aventure avec les habitants. L’acte 5 a donc commencé avec l’invitation aux circassiens du Lido, centre des arts du cirque de Toulouse. Pendant une semaine de résidence, ils ont arpenté le quartier, rencontré les passants et déambulé sur le chantier. Leur présence se termine ce jeudi 5 octobre avec un apéro partagé impasse Saint-Yves. C’est ici que s’installe définitivement la caravane noire, sorte de point de rendez-vous fixe et mémoire des événements. À l’intérieur, les ateliers de cartographie se poursuivent. Régulièrement, avec les deux artistes du collectif Double M, Célia et Alice, les habitants, commerçants ou simples habitués des Quatre-Routes peuvent venir indiquer sur une grande carte leur lieu de résidence, leur boutique ou leur café préféré grâce à des tampons. C’est aussi l’occasion de parler de son quartier, de sa rue et des rêves que l’on fait pour eux. De nouveaux temps de cartographie auront lieu dès l’acte 6 qui démarre à la fin du mois de janvier. À cette période, un nouveau rendez-vous proposera des moments jonglés en appartement. Si vous souhaitez faire partie de l’aventure et accueillir jongleurs et voisins pour un petit spectacle chez vous, n’hésitez pas à contacter Stéphanie Braka au 01 49 92 60 54.

Virginie Duchesne

Construire ensemble

Tout au long de l’année, pendant les vacances scolaires, Alice et Célia, du collectif Double M, animent un atelier de construction. Il s’agit de créer ensemble –résidents, commerçants, usagers du quartier des Quatre-Routes – des installations en matériaux de récupération. Celles-ci seront utilisées sur la place du nouveau marché en juin prochain, soit lors de performances d’artistes, soit par les habitants eux-mêmes. Il pourra s’agir d’un meuble, d’une scène, d’une arche… Elles seront réalisées en cagettes de bois ou de plastique, en sacs de gravats, en barrières ou avec des matériaux trouvés sur l’actuel marché et sur le chantier de l’Îlot-du-Marché en cours. C’est un appel à l’imagination et à l’huile de coude. Ce sont aussi des ateliers de rencontres, d’échanges et d’apprentissage. Ils se tiendront la deuxième semaine des vacances de la Toussaint, de Noël et de février, puis la première semaine des vacances de Pâques, les mardi et jeudi à partir de 14 heures. Rendez-vous donc pour la première session mardi 31 octobre et jeudi 2 novembre, impasse Saint-Yves, juste à côté du chantier.

V. D.

Attention, chef-d’œuvre !

Le dessin animé n’est pas réservé aux enfants. On en veut pour preuve ce touchant film d’animation japonais Dans un recoin de ce monde. Si les traits sont délicats et doux, l’histoire se passe pendant les heures sombres de la Seconde Guerre mondiale. Nous suivons le destin de Suzu, une jeune fille pleine d’enthousiasme et de vie, qui doit quitter sa famille pour habiter avec son nouveau mari et sa belle-famille. Nous sommes en 1944 et le quotidien est difficile à Kure, un grand port militaire japonais. Mais Suzu se débrouille pour apporter joie et bonne humeur malgré tout à ceux qui l’entourent. Elle continuera à se battre pour survivre et résister à la haine après le bombardement de la ville voisine, Hiroshima. Le film est tiré du livre de l’auteure Fumiyo Kouno qui déclarait : « Je sais qu’il est parfois difficile de parler de la guerre, mais je pense qu’il faut que le plus de monde possible puisse traiter du sujet. » Ce que pourra sûrement apporter le passage à l’écran de l’histoire. « La différence entre le manga et le cinéma, c’est qu’on lit un manga seul, alors qu’au cinéma, on regarde un film avec d’autres spectateurs. Cela donne un sujet de discussion. » Les recherches historiques et l’attention aux détails par le réalisateur Sunao Katabuchi en font un chef-d’œuvre récompensé par le prix du meilleur film d’animation aux Japan Academy Awards, l’équivalent des Oscars. à découvrir absolument !

Virginie Duchesne

Dans un recoin de ce monde, du mercredi 18 octobre au mardi 24 octobre, au cinéma L’étoile.

Regards sur la ville

“écoute le chant des oiseaux”
Cette photo a été prise par émilie Caissier au parc Georges-Valbon.
Instagram: @gjksckirdikvdr

Envoyez-nous une photo, elle sera peut-être publiée dans Regards !
regards@ville-la-courneuve.fr
Via Facebook : La Courneuve – Page officielle de la ville.

Invitée du mois

Tatiana-Mosio Bongonga

Cette artiste funambule, originaire du Calvados, adore déambuler à plusieurs mètres de hauteur. Le 14 octobre, Tatiana-Mosio Bongonga marchera sur son fil, maintenu par le public, au-dessus de la place de la Fraternité.

Comment en êtes-vous venue au funambulisme ?
À 7 ans et demi, à une fête de quartier, j’ai vu une femme souriante et bien dans ses baskets traverser son fil entre deux immeubles. J’ai eu envie d’être à sa place. J’étais très timide à l’époque et elle, elle avait l’air d’être bien. J’étais partagée entre jalousie et rêve, mais je me suis projetée dans l’avenir : je m’y voyais.
à ce moment-là, je me suis dit que je deviendrais la plus grande funambule du monde !

Votre spectacle Soka Tira sera participatif, c’est-à-dire ?
L’installation du fil se fera collectivement. Les membres du public le tiendront en tension. Je ne veux pas faire ma performance, et c’est tout. J’aime impliquer les publics. Il y a tout un travail sur l’ombre, que nous voulons mettre en lumière. Il n’y a pas que moi, c’est tout un ensemble.
J’ai choisi ce métier pour rencontrer le public.
Et c’est amusant de voir le regard des gens quand ils comprennent qu’ils ont un vrai rôle à jouer.

Votre traversée ne pourrait pas se faire sans le public ?
En effet, je serai totalement dépendante de lui.
Il aura l’entière responsabilité dans le spectacle. J’aime ces formes artistiques car le public ne regarde pas juste une tête d’affiche ou autres stars. Il vit les choses, il devient acteur, il se rend compte que je ne pourrai rien faire s’il ne tient pas mon fil. La notion de confiance prend toute son importance dans cette performance. Si je revenais à La Courneuve, je rêverais de faire une traversée d'Houdremont au Mail de Fontenay. J'en rêve depuis que j'ai mis les pieds ici !

Propos recueillis par Isabelle Meurisse

soka tira, le 14 octobre à 18h, place de la Fraternité. Gratuit. Ce spectacle est une étape de travail.
La création finale sera prête pour 2018.

Rencontre
Djamila Amrane, invitée du mois

Le 20 octobre, la Maison de la citoyenneté accueillera Djamila Amrane, présidente d’honneur de l’association Africa. Interviewée par Mimouna Hadjam, dirigeante de la structure, la présidente fera de ce moment une occasion pour découvrir ou se rappeler l’importance de l’association, notamment dans sa lutte contre le racisme, les discriminations, pour l’égalité femme-homme, les droits de l’homme. Dernièrement, les femmes de l’association Africa, en collaboration avec Marie-George Buffet, ont déposé à l’Assemblée nationale une proposition de loi pour l’autonomie des femmes étrangères, afin qu’elles se libèrent de la pression maritale.
20 octobre, à 19h
à la Maison de la citoyenneté.

Tout-petits
Ateliers pour les 0-5 ans

La Maison du parc Georges-Valbon offre un espace de détente et de lecture pour tous. Chaque premier dimanche du mois, venez avec vos « bouts de chou » lors d’ateliers spécialement conçus pour eux : jeux d’écoute collectifs et sonores, improvisations avec petit chef d’orchestre, ainsi que des contes et albums musicaux.

Dimanche 8 octobre de 10h30 à 11h30. Rendez-vous à la Maison du Parc. Inscription obligatoire au 01 43 11 13 07.

Autour de nous
Mains d’Œuvres menacée

La Mairie de Saint-Ouen compte déloger l’association culturelle et ses 250 résidents de la rue Charles-Garnier, le 31 décembre. Elle veut récupérer ce grand espace de 4 000 mètres carrés dont elle est propriétaire. Officiellement, l’ambition est d’y déplacer le conservatoire de musique. Une pétition pour le droit à la culture a été lancée début septembre. En quinze jours, presque 10 000 signataires se sont mobilisés. En attendant, Mains d’Œuvres compte faire du bruit avec le lancement de l’opération « 100 jours, 100 artistes ». Jusqu’à la fin de l’année, photos, vidéos, performances feront office de compte à rebours avec la mobilisation, notamment, des 15 000 anciens résidents.

À lire
Ton père

Le narrateur, parisien, a la garde de sa fille de 8 ans une semaine sur deux. Un jour, il trouve un mot anonyme et hostile accroché sur sa porte. Confronté à l’image que ses voisins ont de lui, il s’interroge sur son identité. Ce portrait entre fiction et autobiographie évoque la paternité
et l’homosexualité.
Ton père, de Christophe Honoré, Mercure de France, 2017.

À ne pas manquer

Médiathèques
Vacances frissonnantes

Vous aimez vous faire peur ? Les médiathèques de Plaine Commune promettent des congés de la Toussaint à vous glacer le sang. Du 21 octobre au 3 novembre, mots chants et musique s’entrelaceront dans Ça sent la chair fraîche, spectacle conté par Gilles Bizouerne à la médiathèque John-Lennon pour les enfants à partir de 6 ans. Pour les ados, le conteur Fred Duvaud concocte une série d’histoires grinçantes se déroulant au cœur du Japon où démons et fantômes hantent les nuits. La Compagnie pour l’artisanat des menteurs organise une murder party ! Un meurtre ou une disparition va être simulé dans un coin de la médiathèque Aimé-Césaire. Les participants âgés de 10 ans et plus endosseront le rôle de détectives dans cette enquête.

Isabelle Meurisse

Programme complet sur http://www.mediatheques-plainecommune.fr/

CRR 93
Il était une fois…

Pour la saison 2017-2018, le Conservatoire à rayonnement régional d’Aubervilliers-La Courneuve (CRR 93) a choisi de mettre notamment les contes musicaux à l’honneur. Les spectateurs s’émerveilleront devant Le Petit Prince le 31 mars, accompagné au piano dans son périple intergalactique, La Princesse et le Ramoneur le 6 février, dont l’idylle sera mise en valeur par les étudiants de la classe de harpes, Mozart et les notes qui s’aiment le 28 mai, où l’enfance du génie est contée à la flûte et au violoncelle, ainsi qu’une nouvelle version de
Hansel et Gretel jouée par les instruments à vent le 22 décembre.

I. M.

Programme complet sur www.CRR93.fr.

 

Cirque
Jusqu’au 8 octobre > Académie Fratellini
Le Fil sous la neige
Sept funambules d’exception réunis pour la création du spectacle, accompagnés des trois musiciens du Wildmini Antigroove Syndicate,
se retrouvent pour rejouer cette partition dans les airs.
Jeudi 5 et vendredi 6 octobre à 19h30. Dimanche 8 octobre à 16h.

Lecture
11 octobre > Médiathèque Aimé-Césaire
Histoires contées
Les bibliothécaires de la médiathèque Aimé-Césaire offrent aux enfants et à leurs familles une heure de lecture d’albums, de coups de cœur, de nouveautés parmi les nombreux livres disponibles. Un beau moment à partager.
À 15h.

Projection
13 octobre > cinéma L’étoile
L’Assemblée
Le 31 mars 2016, place de la République à Paris, naît le mouvement Nuit debout. Pendant plus de trois mois, les Français s’essaient à une nouvelle forme de démocratie. L’étoile propose en avant-première ce film de Mariana Otero, suivi d’un débat avec la réalisatrice.
À 20h. Séance unique. Tarif : 3 €.

Spectacle
13-14 octobre > Centre culturel Houdremont
Cirque de traverse
Deux spectacles de funambules au programme : Soka Tira de la compagnie Basinga (lire l’interview de Tatiana-Mosio Bongonga page précédente) et Dystonie de la compagnie Defracto.
Dystonie à 14h30 le 13/10 et à 19h le 14/10. Traversée à 18h le 14/10.

Danse
17 octobre > Centre culturel Houdremont
Pour mémoire
Création pour huit danseurs, chorégraphiée par Mehdi Slimani. Le spectacle Les Disparus relate les sombres événements sanglants du 17 octobre 1961. La compagnie No Mad s’empare de ce moment de l’histoire par le slam, la vidéo, la danse hip-hop.
À 19h.