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SORTIR N°28 Le supplément mensuel du journal "Regards"
Du 7 février au 6 mars 2019

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Place à la Fête du printemps

L'année du cochon de terre : c’est, selon l’astrologie chinoise, sous ce symbole que commence en ce début février la nouvelle année asiatique. Une année, selon certains horoscopes, placée sous le signe de la fortune et de la chance.
Le Nouvel An chinois s’appelle la Fête du printemps. C’est une célébration majeure en Chine et plus largement dans le monde asiatique.
Cette année, les associations courneuviennes se sont mobilisées pour donner à cette fête une dimension particulière : durant tout le mois de février, des habitant-e-s originaires de Chine partageront une partie de leurs traditions avec, en point d’orgue, le spectaculaire défilé du dragon le 17 février.
Les Chinois ne considèrent pas le dragon comme un animal maléfique : bien au contraire, il incarne noblesse, bravoure et chance. La danse du dragon – qui peut se traduire par « courir ou danser avec la lanterne-dragon en main » – existait déjà pendant la dynastie Ming (entre le xive et le xviie siècle).
Le dragon utilisé pour la danse est normalement fabriqué avec de fines lamelles de bambou, de la soie et des lampions. Il se compose de trois parties : la tête, le corps et la queue.
Parmi tous les danseurs, les porteurs du ballon, de la tête et de la queue du dragon sont les plus importants. Le premier est en quelque sorte le maître de la danse en provoquant et contrôlant la course de l’animal. Le porteur de la tête est l’âme du dragon, et ses mouvements, en suivant ceux de la balle, vont influencer la fluidité des mouvements des autres parties du dragon. Le porteur de la queue exécute des figures compliquées et, ne pouvant pas voir les autres danseurs, il se repose sur un rythme régulier.
Tambours, cymbales et gongs accompagnent la danse du dragon de musiques traditionnelles.

Le programme

Jusqu’au 28 février
Exposition des artistes Liu Bingli et Lin Dihuan.

Maison de la citoyenneté. 33, avenue Gabriel-Péri.

7 et 8 février
Repas thématique préparé par et pour les seniors.

Maison Marcel-Paul. 77, avenue de la République. à 19h.
Inscription sur place. Tarif : 8,20 €

12 février
Projection du documentaire Les Travailleurs chinois de la Grande Guerre en présence du réalisateur Karim HoufaÏd et de l’Association des jeunes Chinois de France.
Maison de la citoyenneté. 33, avenue Gabriel-Péri. à 14h.

13 février
Atelier parents-enfants, pour apprendre à confectionner des lanternes, et atelier cuisine.
Maison pour tous Youri-Gagarine.
56, rue Anatole-France. à 14h.

17 février
Défilé du dragon. Place Claire-Lacombe. à 11h.
Réception à l’hôtel de ville. à 12h30.

Quésaco
Pourquoi le printemps ?

Fêter le printemps en plein hiver, c’est un paradoxe. Apparemment… L’agenda chinois traditionnel est structuré sur un calendrier paysan découpé en vingt-quatre périodes solaires. Après le solstice d’hiver, puis le petit froid et le grand froid (en janvier), arrive en février l’éveil du printemps. Plus qu’un changement de températures, c’est un nouveau cycle de vie végétale que les Chinois appellent le printemps : la vie redémarre. Et c’est là que commence une nouvelle année…

Le septième art sous le signe du Nouvel An chinois

À l’occasion de la Fête du printemps, un cycle de films en rapport avec la Chine (récents ou devenus des classiques) vous est proposé, au cinéma L’Étoile et à la Maison de la citoyenneté.

Les Travailleurs chinois de la Grande Guerre de Karim Houfaïd
L’Histoire est toujours affaire de subjectivité, surtout lorsqu’il s’agit de valoriser les hommes qui l’ont marquée. Certains héros de guerre sont moins célébrés que d’autres ; c’est notamment le cas des 140 000 travailleurs chinois ayant participé à l’effort de guerre en 1916. Le film sera projeté en présence du réalisateur et de l’Association des jeunes Chinois de France, en vue d’un débat avec les publics
scolaires.
Le 12 février à 14h, à la Maison de la citoyenneté.

Have a Nice Day de Liu Jian
Pour sauver sa relation amoureuse, Xiao Zhang dérobe une grosse somme d’argent à son patron, un truand local. Poursuivi, alors que la nuit tombe, il s’embarque dans une course effrénée. Au cours de cette trame sociale pour le moins animée, le réalisateur dresse un portrait inédit de la Chine, bien loin de l’image d’épinal.
Du 6 au 12 février, au cinéma L’étoile.

Impression de montagne et d’eau et autres histoires
Découvrez cette série de quatre courts-métrages d’animation chinois réalisés dans les années 80. Toutes les œuvres sélectionnées sont rythmées par des bandes-son constituées de bruitages et de mélodies traditionnelles, sans aucun dialogue. Ce qui met en lumière la rareté des images et la prouesse technique du « lavis animé ».
Du 6 au 12 février, au cinéma L’Etoile.

A Touch of Zen de King Hu
Dans un petit village au nord de la Chine, à l’époque de la dynastie Ming, le jeune écrivain Ku Shen Chai vit seul avec sa mère au sein d’une citadelle hantée. Un jour, Ku fait la connaissance de la belle et mystérieuse Yang Hui-chen, dont le père a été assassiné par le gouvernement. Le jeune homme tombe rapidement amoureux de l’orpheline. Ensemble, ils trouvent refuge chez maître Hui Yuan, un moine bouddhiste qui apprend les arts martiaux à la jeune femme…
Du 13 au 19 février, au cinéma L’étoile.

Un grand voyage vers la nuit de Bi Fan
Luo Hongwu revient à Kaili, sa ville natale, après s’être enfui pendant plusieurs années. Il se met à la recherche de la femme qu’il a aimée, mais dont sa mémoire a effacé toute trace. C’est alors qu’il entame « un grand voyage vers la nuit », une épopée hypnotique entre rêve et hallucination.
Du 27 février au 5 mars, au cinéma L’étoile.

Regards sur la ville

“Je suis venu exprès à La Courneuve pour prendre cet immeuble en photo. J’aime le fait qu’il soit multicolore, ça amène de la vie
et égaie l’espace public.”
Instagram : @bareillequentin

Postez vos images de la ville et taguez-nous sur les réseaux sociaux : @villelacourneuve La Courneuve – Page officielle de la ville @La_Courneuve
Votre photo sera peut-être publiée dans Regards !

Invité du mois

Bachar
Mar-Khalifé

En concert le 9 février à Houdremont, le musicien vient de publier son quatrième album, un hommage au musicien nubien Hamza El Din, qui a marqué son enfance. L’occasion de découvrir son identité musicale, nourrie de musiques traditionnelles,
de jazz, de rock et d’influences électro.

Pouvez-vous me parler de votre rapport à la musique ?
J’ai grandi dans un rapport à la musique concret puisque je viens d’une famille de musiciens.
Je suis allé au conservatoire de Boulogne, ma formation est donc très classique. Vers 26 ans, j’ai radicalement changé ma relation à la scène et à l’esthétique musicale ; c’est à ce moment-là qu’est né mon premier album, Oil Slick.

Ce revirement était-il en réaction à la formation académique que vous avez reçue ?
C’est plus une évolution car cela fut progressif, un long chemin au cours duquel tout se mélangeait. J’ai participé à des tas de projets dans des genres totalement différents : musiques traditionnelles, électro, jazz…

Lorsque vous créez, avez-vous une idée précise de là où vous souhaitez aller ?
Non, je m’y refuse ! Je m’adapte à ce qui se passe autour de moi, aux rencontres… Mon duo avec le chanteur Christophe, avec Fishbach, mon hommage à Barbara avec Jeanne Cherhal… toutes ces collaborations exceptionnelles se sont faites par hasard ! Il faut savoir saisir les choses.

Avez-vous des artistes référents dont le travail vous inspire ?
Je citerais mon père* en premier. Adolescent, des artistes comme Kurt Cobain et Joy Division m’ont accompagné, tout comme des figures plus classiques, tel Jean-Sébastien Bach.

Quel rapport entretenez-vous avec votre public ?
J’ai énormément de respect pour mon public et, lorsque je crée, je ne me demande jamais si cela va lui plaire. Alors, quand ça plaît, cela me touche. Je tiens à conserver un rapport authentique avec mes spectateurs.

Vous considérez-vous libre en tant qu’artiste ?
La liberté est loin d’être évidente, il faut sans cesse aller la chercher alors que tout nous pousse à rester bien confortablement installé dans ce qui marche. En ce qui me concerne, je cherche le dépassement. Cette liberté est impérative pour moi, même si elle nécessite des sacrifices.

Propos recueillis par Célia Houdremont

* Marcel Khalifé, chanteur et joueur de oud libanais, nommé « artiste de l’Unesco » pour son engagement en faveur du patrimoine musical.

À ne pas manquer

Spectacle
Noire, un roman graphique théâtral qui raconte la ségrégation

En 1955, aux états-Unis, l’esclavage a été aboli il y a un siècle. Pourtant il est interdit aux Noirs de fréquenter les mêmes lieux publics que les Blancs. « Separated but equal », tel est le dicton qui régit encore la société américaine. Face à ce système, Claudette Colvin, lycéenne noire d’Alabama, refuse de se soumettre. Le 2 mars 1955, dans un bus de Montgomery, elle choisit de ne pas céder sa place à un passager blanc, malgré les menaces… Elle est arrêtée. L’adolescente fait front et se défend dans un tribunal, ouvrant la voie à Rosa Parks et à Martin Luther King. Mais il est difficile d’en appeler à ses droits lorsque l’on est noire, jeune et issue d’un milieu modeste. Cette adaptation du roman de Tania de Montaigne, Noire : La Vie méconnue de Claudette Colvin, mise en scène par le collectif F71, nous plonge dans la société américaine ségrégationniste des années 50. Une comédienne (Sophie Richelieu) et une dessinatrice (Clara Chotil) se partagent la scène. La première incarne les voix de l’intégralité des personnages du roman, grâce à ses talents de conteuse. La seconde exploite son savoir-faire graphique et projette une série d’images évocatrices sur grand écran. Ensemble, elles retracent le récit d’un combat contre la violence raciste et l’arbitraire à travers une performance remarquable.

Célia houdremont

Au centre culturel Jean-Houdremont.
Vendredi 15 février à 20h30.

Atelier

8 février > Médiathèque Aimé-Césaire
Conversation pour adultes en apprentissage du français

Participez à un atelier d’aide et d’accompagnement dans votre pratique du français ! Vous partagerez un moment convivial d’échanges entre les participant-e-s et les bibliothécaires sur des sujets d’actualité ou du quotidien.
De 10h à 12h.

Soirée

8 février > CRR 93
En pleins vents

Les jeunes instrumentistes des classes à horaires aménagés de l’école Jules-Vallès à Aubervilliers ont à cœur de vous présenter leur travail sur les instruments à vent en collaboration avec l’orchestre Ventastick (élèves de deuxième cycle), sous la direction du musicien Joël Jody.
À 19h. Entrée gratuite.

Prélude

20-21 février > Centre culturel Houdremont
3ach

Archets aux aguets et partitions aux pieds, deux violonistes vous immergent dans l’univers de Jean-Sébastien Bach. Avec eux, c’est un monde de magie où les enfants donnent le la qui se déploie tout en chœur et en harmonie.
De 10h à 14h30.

Cirque

Du 14 au 17 mars > Grand chapiteau de l’Académie Fratellini
Monstro, collectif sous le manteau

S’emparant du mât chinois, une équipe internationale, issue des plus grandes écoles de cirque d’Europe, entreprend de repousser les limites du genre. Au travers d’une forêt de mâts, sept acrobates inventent des parcours inédits, à la verticale comme à l’horizontale.
À 16h ou 19h30 selon les jours.